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Surmortalité des abeilles : l'UE veut agir

Publié Le 6 Mai 2011 à 17h09
 
L'Union européenne s'est engagée à protéger la santé des abeilles, victimes d'un syndrome qui décime les essaims depuis 1970. Pour ce faire, elle propose d'améliorer les systèmes de surveillance et de favoriser la recherche.

Afin de déterminer les causes de leur surmortalité, les ministres européens ont ainsi plaidé pour la création d'un laboratoire de référence sur la santé des abeilles. Ce laboratoire devrait permettre de définir et de coordonner les méthodes d'analyse employées par les Etats de l'UE pour diagnostiquer les maladies des abeilles, surveiller leur mortalité, et assurer la formation des experts afin d'harmoniser les techniques de diagnostic dans l'UE.

Notant que l'abeille "contribue à la diversité biologique et exerce une fonction essentielle dans l'agriculture par la pollinisation", les ministres se sont en effet inquiétés d'un accroissement récent de la mortalité constaté dans de nombreux pays européens. "Il importe de se préoccuper de la santé des abeilles, dès lors que ces animaux délicats sont des indicateurs précoces des effets préjudiciables de la perte de biodiversité et de la pollution", ont-ils déclaré dans un communiqué.

Qu'est ce qui tue les abeilles ?

Les apiculteurs s'inquiètent de plus en plus du phénomène de surmortalité des abeilles, et dont on ne connaît pas vraiment les causes avec certitude. En 2009, des recherches de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont pu identifier plusieurs responsables. Outre les pesticides, les maladies et les parasites qui assaillent les abeilles, l'EFSA avait cité l'impact possible des OGM et le stress induit par des changements dans l'alimentation et le climat.

Plus récemment, encore, l'étude du biologiste Daniel Favre publiée dans la revue Apidologie (numéro d'Avril) montre que les ondes émises par les téléphones portables perturbent le comportement des abeilles. En plaçant deux téléphones sous une ruche, Daniel Favre a observé que les communications pouvaient modifier les sons émis par les abeilles. Vingt à quarante minutes après que les téléphones ont été allumés, les abeilles ont émis des sons très aigus, semblables à ceux qu'elles produisent pour se rassembler et fuir. Il n'aura en revanche fallu que deux minutes aux insectes pour retrouver un comportement normal après la mise hors tension des téléphones.

Toutefois, sa démonstration ne prouve en rien que la mort des abeilles est due aux ondes. Déjà évoquée dans un rapport de l'Affssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) en 2009, l'influence des champs électriques et magnétiques n'est pas considérée comme le facteur principal de leur disparition.

Espérons maintenant que l'engagement de l'UE pour la protection des abeilles porte ses fruits, car, comme l'a rappelé Achim Steiner, le Directeur du PNUE, lors de la sortie du rapport " Désordre dans les colonies d'abeilles et autres menaces sur les pollinisateurs " en mars dernier,  "la manière dont l'humanité gère, ou gère mal, le potentiel de la nature, notamment les pollinisateurs, définira en partie notre avenir collectif au cours du 21ème siècle. Sur les cent espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70% dépendent des abeilles pour leur pollinisation".

Alicia Munoz

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