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Transition énergétique en France: le pire peut arriver

Publié Le 29 Novembre 2012 à 19h46
 
Tous les engagements de François Hollande concernant le futur énergétique de la France et les décisions qui ont été prises par le gouvernement Ayrault pourront être remis en question à l'issu des débats sur la transition énergétique.
Le conseil national du débat sur la transition énergétique a tenu sa première réunion le 29 novembre 2012
DOSSIER SPECIAL

Alors que la première réunion des membres de la Commission sur le débat national de la transition énergétique se tient enfin, aujourd'hui les membres du Comité de pilotage* de cette Commission viennent d'affirmer, lors d'une conférence de presse , qu'il n'y aurait aucun sujet tabou pendant les débats. Et Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, a même précisé que " si au terme des débats il est démontré que la feuille de route (énergétique) du gouvernement, actuellement en place, est impossible à appliquer, elle pourra changer. Y compris sur des décisions récentes."

Cela veut dire que tout redevient possible. Le maintien du nucléaire comme principale source d'énergie, voire son développement. L'acceptation de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste, y compris par fracturation hydraulique si une nouvelle technique moins polluante tarde à arriver ; la remise en question de la politique de soutien aux entreprises et aux particuliers concernant les énergies renouvelables, ou les économies d'énergie... ; la baisse des objectifs de réduction des émissions de CO2, alors que, comme le rappelle Jean Jouzel, climatologue, le lien direct entre énergie fossiles et réchauffement climatique est évident.

Les membres du Comité de pilotage se veulent rassurants en précisant que des Comités d'experts, et des Comités de citoyens veilleront au grain, que le débat sera ouvert à toutes les parties prenantes, Associations, ONG, professionnels de l'énergie, citoyens... et que tout le monde pourra donc s'exprimer. C'est la moindre des choses et qu'il était superflu de rappeler. Mais au bout du compte, malheureusement, tout peut arriver, y compris le pire, pour l'écologie. Nous le sentons bien à travers les propos récents de François Hollande, appuyés par Arnaud Montebourg, sur les gaz de schiste. Greenpeace l'a bien compris en refusant de participer aux débats.

Hervé de Malières

* Le Comité de pilotage est composé de

  • Delphine BATHO, la ministre de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie
  • Jean JOUZEL, climatologue
  • Anne LAUVERGEON, l'ex-dirigeante d'Areva
  • Georges MERCADAL, ancien vice-président de la Commission nationale du débat public
  • Bruno REBELLE, l'ex-directeur de Greenpeace-France
  • Michel ROLLIER, ex-dirigeant du groupe Michelin. Il préside désormais la plateforme de l'automobile, groupement de constructeurs, équipementiers et sous-traitants de la filière.
  • Laurence TUBIANA, la directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Elle sera chargée de faciliter les échanges.