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Trop de gaz à effet de serre se dégagent de l'agriculture intensive européenne

Publié Le 23 Novembre 2009 à 12h20
 
Les émissions des deux gaz à effet de serre, le méthane et l'oxyde d'azote, dues à l'agriculture intensive, aux engrais et au bétail, nuisent à l'effet positif des captures de CO2 des forêts et des prairies. C'est ce qui ressort de l'étude "Importance de méthane et oxyde d'azote pour l'équilibre des gaz à effet de serre terrestres de l'Europe", publiée hier dans Nature Geosciences.

Les gaz à effet de serre rejetés dans l'atmosphère sont en très grande partie stockés dans les sols, les océans, la végétation... De 2000 à 2005, les forêts et prairies européennes ont stocké plus de 300 millions de tonnes de carbone par an, soit une compensation de 12 % des émissions de combustibles fossiles que sont le pétrole, le charbon et le gaz qui contribuent au réchauffement climatique.

" La balance pour tous les gaz de serre à travers la biosphère terrestre de l'Europe est à peu près neutre, en dépit de la séquestration de carbone dans les forêts et les pâturages ", indiquent les scientifiques qui ont réalisé pour la première fois le bilan des flux de carbone en Europe, dans le cadre du programme CarboEurop.

Le bétail et les déchets de l'élevage émettent des gaz. Certains, comme l'ammoniac, restent localisés, mais d'autres, notamment le dioxyde de carbone, le méthane et les oxydes nitreux contribuent au réchauffement global. Par ailleurs, la tendance à pratiquer l'élevage intensif des porcins et des volailles a aidé à stabiliser les émissions de gaz des animaux (les porcins et les volailles ne produisent pas de grandes quantités de méthane comme le font les ruminants).

500 millions de tonnes de méthane se libèrent chaque année dans l'atmosphère, suite à la décomposition de substances organiques à l'abri de l'air (zones marécageuses, décharges, estomacs des ruminants) et d'émissions dégagées lors de l'extraction du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Un seul ruminant rejette chaque jour 120 litres de méthane dans l'atmosphère ce qui contribue fortement à l'effet de serre.

Ces rejets d'oxyde nitreux et de méthane viennent contrecarrer cette séquestration d'une partie du CO2 : l'effet positif des puits de carbone naturels est quasiment annulé. Les écosystèmes terrestres européens émettent ainsi plus de gaz à effet de serre qu'ils n'en absorbent.

"Le développement des politiques de gestion des terres qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre devrait être une priorité", souligne l'étude publiée dans Nature Geosciences.

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