Mme Gardet, la directrice du groupe scolaire Soeur Rosalie-Louise de Marillac, nous livre ses impressions sur cette opérations ainsi que ses idées pour le développement de ce projet au niveau national.
Quelles " actions écologiques " avez-vous déjà mises en place dans votre établissement ?
Mme Gardet : "Nous allons mettre en place très prochainement un système de récupération d'eau par bonbonne sur la terrasse de l'établissement pour pouvoir arroser nos fleurs et plantes. Malheureusement, il ne pleut pas suffisamment sur Paris pour installer le processus de récupération d'eau de pluie pour les sanitaires par exemple...
Nous avons déjà remplacé une grande partie des robinets par des boutons poussoirs pour économiser l'eau.
Au niveau de notre cantine, nous avons le projet de faire travailler notre chef de cuisine et notre société de restauration en faveur de la découverte par les élèves de nouveaux aliments comme les aliments bio, les fruits et légumes de saison...
Nous organisons également chaque année une journée de " grand nettoyage" pendant laquelle les élèves ramassent les déchets dans tout l'établissement et les trient. Ces déchets sont ensuite amenés à un centre de recyclage. Cette opération est destinée à les sensibiliser au tri et au recyclage. Nos classes de 4ème récupérèrent et recyclent également les piles usagées. Notre administration recycle les cartouches d'encre, les ordinateurs usagés..."
L'opération " Mr Borloo, écoutez-nous " a été un succès auprès des élèves. Leurs recommandations vont-elles avoir un poids sur vos prochaines décisions dans l'établissement ?
Mme Gardet : "Oui, effectivement. Nous avons notamment pris des décisions quand au retraitement des déchets et à la mise en place de différentes poubelles de tri papiers et plastiques dans notre établissement. Pour les lumières, nous avons déjà commencé à installer des ampoules à faible consommation d'énergie dans l'ensemble de l'établissement."
Les nouvelles générations sont-elles sensibles à l'écologie ?
Mme Gardet : "Les jeunes sont beaucoup plus sensibles à l'écologie aujourd'hui qu'à mon époque. Je le vois à travers leur comportement dans et hors établissement, et à travers les différents voyages de classe que nous organisons. Ils sont sensibles au respect de la nature. Ils jettent ainsi systématiquement leurs déchets dans la poubelle et ne jettent presque rien par terre."
Les élèves ont proposé l'élection de délégués " verts " pour chaque classe. Qu'en pensez-vous ?
Mme Gardet : "C'est une excellente idée ! Ces délégués pourraient par exemple s'occuper de fermer les lumières dans les classes pendant le déjeuner ou les récréations, veiller au recyclage du papier, et réaliser, par exemple, une newsletter sur l'écologie tous les mois pour sensibiliser leurs camarades. Il y aurait plein de choses à faire!"
Jugez-vous importante l'intervention des entreprises dans le cadre scolaire sur des sujets comme l'écologie?
Mme Gardet : "Il est très intéressant de faire intervenir des entreprises dans les établissements scolaires, comme c'est le cas avec Bioaddict. La réflexion commune sur l'écologie entre les enfants et l'entreprise est extrêmement enrichissante. Des ateliers de réflexion et de mise en pratique peuvent être mis en place afin d'impliquer directement les élèves. Cela viendrait compléter le programme scolaire."
Les jeunes générations ont-elles des idées dont le gouvernement devrait s'inspirer ?
Mme Gardet : "Je pense que oui, bien-sûr. Les jeunes ont des idées originales, concrètes et pertinentes. Ils ont une fraîcheur que les adultes n'ont plus. La société, pour avancer, doit leur donner la parole et les écouter. C'est très important."
En tant que Chef d'établissement, quel regard portez-vous sur l'opération " Mr Borloo, écoutez-nous " ?
Mme Gardet : "Je suis très fière que les élèves de mon établissement aient participé de manière aussi rapide, convaincue, efficace et unanime à cette opération de sensibilisation et d'action. Ils se sont tout de suite impliqués car ils ont vu la finalité de ce projet. Etre entendu par le gouvernement et tous les internautes de votre site, pouvoir faire évoluer la société, quelle magnifique opportunité ! Les élèves, les enseignants et moi-même sommes très fiers d'avoir participé à cette opération. Ce serait un grand honneur de pouvoir nous rendre au Ministère et rencontrer Mr Borloo."
Plusieurs de vos élèves se sont inscrits sur bioaddict.fr et réagissent à l'actualité sur notre forum. Leur implication dépasse ainsi le cadre de l'opération mise en place avec votre établissement. Qu'en pensez-vous ?
Mme Gardet : "Je trouve formidable qu'un jeune de 14 ans puisse lancer un débat sur l'écologie sur un forum grand public. Cela prouve que les jeunes générations souhaitent s'impliquer dans les problématiques environnementales actuelles. Il est important pour eux de prendre part aux décisions d'aujourd'hui qui détermineront leur avenir."
L'équipe de Bioaddict souhaite proposer au Ministère de l'écologie d'étendre le projet " Mr Borloo, écoutez-nous " au niveau national. Qu'en pensez-vous ?
Mme Gardet : "Développer ce projet au niveau national est une grande idée ! La mise en place d'un projet commun entre le Ministère de l'écologie et les établissements scolaires français pourrait donner lieu à une belle, grande et constructive association."
Après cette expérience dans votre établissement, comment pensez-vous que ce projet pourrait se dérouler ?
Mme Gardet : "Je pense tout d'abord qu'il est important de mener l'opération à travers deux actions : une pour les élèves du collège et une pour les élèves du lycée, comme vous l'avez fait. Cela mettra en avant la spontanéité des collégiens (en classe de 4eme notamment pour cette opération) et le début de réflexion adulte des lycéens. Leurs réflexions seront identiques sur le fond mais complémentaires sur la forme.
Cette opération nationale pourrait se dérouler sous forme d'appel d'offre. Chaque établissement intéressé pourrait s'inscrire.
Le chef d'établissement et ses équipes lanceraient alors un projet sur un trimestre sur le thème de l'écologie. Ce projet se déroulerait hors temps scolaire sous forme d'ateliers. Il serait au centre d'une réflexion parallèle au cours et permettrait ainsi des recoupements avec différentes matières, comme l'économie ou la biologie par exemple. Ce projet de réflexion globale donnerait lieu à des actions concrètes, dans ou hors établissement.
Le Ministère jugerait ensuite les actions des établissements et récompenserait les meilleurs, par un prix ou une plaque symbolique par exemple. Les élèves pourraient ainsi ramener ce trophée comme témoignage important de leur implication dans leur établissement."
Un grand merci à Mme Gardet pour son implication dans cette opération.
L'équipe de Bioaddict












