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Un système satellitaire italien pour lutter contre les marées noires en Méditerranée

Publié Le 7 Juillet 2010 à 12h12
 
L'Agence Spatiale Italienne (ASI) vient de lancer un projet pilote visant à identifier et assurer le suivi des déversements d'hydrocarbures, accidentels ou illégaux, en Méditerranée.

La Méditerranée borde 23 pays continentaux, dont 5 pays d'Afrique, et 8 îles. Onze millions de navires par an fréquentent ce réservoir majeur de biodiversité qui concentre à lui seul 25 % du trafic planétaire et 30 % du trafic pétrolier ! Ainsi, plus de 2 000 navires sont en permanence à la mer avec, parmi eux, 200 à 300 pétroliers selon la préfecture maritime de la Méditerranée.

Le "déballastage" doit théoriquement avoir lieu dans les installations portuaires mais il est souvent fait en mer pour des raisons d'économie. Selon la Préfecture maritime, 250 pollutions orphelines dont 180 d'hydrocarbures ont été dénombrées en 2008 en Méditerranée. Pour 2009, le décompte révèle 190 pollutions dont 100 d'hydrocarbures.

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Les embarcations qui vident leurs cuves en pleine mer n'ont qu'à bien se tenir

L'Agence Spatiale Italienne (ASI) a mis en place la phase d'étalonnage du "Projet Pilote Pollution Marine liée aux Hydrocarbures" (PRIMI), une de ses grandes initiatives pour la gestion du risque environnemental, qui doit identifier et assurer le suivi des déversements d'hydrocarbures en Méditerranée.

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PRIMI se base sur la valorisation des images radar obtenues à partir des trois satellites italiens, dotés de radars en bande X, qui forment la constellation COSMO-SkyMed réalisée par l'ASI. La mer peut être ainsi contrôlée de jour comme de nuit et quelles que soient les conditions météorologiques.

Le système se décline en quatre modules : observation, prévision, archivage et transmission à usagers tiers. La nouveauté réside dans le fait que le module "observation" utilise plusieurs plateformes SAR (Synthetic Aperture Radar) et optiques qui garantissent une couverture maximale des mers italiennes. Le système permet donc d'observer la surface de la mer à intervalles de quelques heures seulement, offrant la possibilité d'identifier les tâches d'hydrocarbures et de produire un rapport de prévision concernant le déplacement et l'évolution dans le temps de ces "marées noires".

Selon Luciano Maiani, Président du CNR (Conseil national de la recherche italien), "le projet est en principe exportable sur n'importe quelle portion de mer du globe où existent des données de support pour le traitement des images et des modèles de circulation marine nécessaires au fonctionnement du système".

Espérons que PRIMI incite les embarcations à ne plus déballaster des hydrocarbures ou autres matières toxiques en Méditerranée qui est l'une des 25 zones les plus rares de la planète.

Emilie Villeneuve

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