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Une étude américaine confirme un lien entre pesticides et autisme

Publié Le 29 Avril 2019 à 10h00
 
Une nouvelle étude vient confirmer un lien entre autisme et pesticides. L'exposition prénatale à ces toxiques accroit le risque de développer des troubles autistiques et l'exposition lors de la première année de vie augmente de surcroit les risques de déficience intellectuelle.
Une étude scientifique californienne publiée en mars 2019 montre que le risque pour les enfants de développer des troubles du spectre autistique augmente avec une exposition pendant la grossesse aux pesticides ambiants dans les 2000 mètres autour de la résidence de la mère.

 

Alors que l'autisme se développe de manière fulgurante aux Etats-Unis mais également en Europe, une nouvelle étude scientifique californienne publiée fin mars dans le British medical journal confirme qu'il existe des liens entre pesticides et troubles autistiques comme le révélait déjà une étude de 2014*.

Elle a été menée dans la Central valley en Californie, une zone d'agriculture intensive, sur une population de près de 3000 personnes atteintes d'autisme (2961) dont 445 " présentant une comorbidité liée à une déficience intellectuelle ". La comorbidité associe différents troubles ou maladies.

Les rapports officiels sur l'utilisation des pesticides et les données concernant les malades ont permis de connaître leur exposition au stade prénatal et lors de la petite enfance. L'utilisation des pesticides a été mesurée en livres appliquées par acre et par mois à moins de 2000 mètres de la résidence maternelle. Onze pesticides à usage intensif ont été examinés, pas au hasard mais " en fonction de preuves antérieures de toxicité neuro-développementale in vivo et in vitro ", expliquent les auteurs.

Pesticides ambiants dans les 2000 mètres autour de la résidence de la mère

Les résultats de ces analyses fines montrent que le risque de présenter des troubles du spectre autistique est associé à une exposition à différents pesticides présents dans l'air ambiant : l'herbicide glyphosate, les insecticides chlopyrifos et diazinon, l'insecticide neurotoxique malathion, les antiparasitaires et insecticides avermectine et permethrine.

L'étude différencie l'exposition au stade foetal et lors de la première année de vie. Elle conclut que le risque pour les enfants de développer des troubles du spectre autistique augmente avec une exposition pendant la grossesse aux pesticides ambiants dans les 2000 mètres autour de la résidence de la mère, par rapport à des enfants nés de femmes de la même région agricole qui ne subissent pas la même exposition. Particulièrement avec le chlopyrifos, l'insecticide et acaricide diazinon, la perméthrine, les fongicides bromure de méthyle et myclobutanil. Même si le foetus a échappé à ces risques, une exposition au stade de nourrisson augmenterait de 50% les risques de troubles du spectre autistique et cette fois " associés à une déficience intellectuelle concomitante "

L'autisme est considéré comme un problème de santé publique aux Etats-Unis. Un rapport de 2018 estime qu'un enfant sur 59 est concerné, contre un enfant sur 68 selon les précédentes estimations en 2014 et 1 sur 5 000 en 1975.

Anne-Françoise Roger

* En 2014 déjà, une étude américaine relevait que l'exposition prénatale aux pesticides augmentait le risque de développer des troubles autistiques chez l'enfant. lire l'étude.