Vos vêtements peuvent nuire gravement à votre santé !

Publié Le 21 Novembre 2012 à 19h29
 
Greenpeace dénonce la toxicité pour la santé et l'environnement des vêtements vendus par de nombreuses grandes marques de mode, et qui est liée à la présence de perturbateurs endocriniens.
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Textiles toxiques pour la santé et l'environnement : la campagne DETOX de Greenpeace

Découvrez la vérité sur l'industrie de la mode sur le site http://www.greenpeace.org

La mode c'est beau. Mais quand elle pousse à acheter des vêtements qui contiennent des produits chimiques toxiques pour la santé et l'environnement, c'est inacceptable. Greenpeace vient donc de lancer une nouvelle alerte destinée aux " Fashion victims ".

Après avoir constaté que 70 % des rivières, des lacs et des réservoirs en Chine sont pollués par des produits chimiques toxiques et notamment par des phtalates, des nonylphénols et des amines, Greenpeace a voulu savoir d'où pouvaient venir ces produits, tout en suspectant les usines textiles d'être à l'origine de la pollution via le rejet dans les rivières des eaux utilisées pour la fabrication des vêtements.

Dans la poursuite de sa campagne " Detox ", elle a donc lancé des enquêtes de suivi qui ont porté sur 20 marques de vêtements: Emporio Armani, Benetton, Blozek, C&A, Calvin Klein, Diesel, Esprit, GAP, Jack&Jones, Levis, Mango, Meters-Bonwe, Only, Tommy Hilfiger, Vancl, Vero Moda, Victoria's Secret, H&M, Your M&S, et Zara.

Pour réaliser cette nouvelle étude, les équipes de Greenpeace ont acheté 141 articles dans des points de vente autorisés de 29 pays et régions du monde. Ces articles ont été confectionnés dans au moins 18 pays différents, principalement dans des pays de l'hémisphère Sud, d'après les indications mentionnées sur leurs étiquettes. Toutefois, les pays d'origine de 25 de ces articles n'ont pu être identifiés. Ces vêtements (jeans, pantalons, t-shirts, robes et sous-vêtements) proviennent aussi bien de collections pour hommes, femmes ou enfants de 20 marques différentes et se composent de fibres naturelles ou synthétiques.

Sur ces 141 articles, l'étude a montré que :

  • 31vêtements portaient une impression en plastisol, un plastifiant cancérigène;
  • 89 articles (soit près des deux tiers des échantillons analysés) contenaient des éthoxylates de nonylphénol (NPE) qui se dégradent en nonylphénol (NP), une substance toxique même à très faible dose, qui s'accumule dans les sédiments, atteint la nappe phréatique et se retrouve dans la chaîne alimentaire par bioaccumulation ;
  • 4 articles contenaient des phtalates, également des perturbateurs endocriniens, à des concentrations élevées ;
  • et que 2 articles contenaient des amines résultant de l'utilisation de certains colorants azoïques.

Toutes les marques prises en compte dans le cadre de cette étude présentaient au moins un article contenant des NPE à des niveaux détectables. Cette substance a été décelée dans au moins un vêtement de 13 des 18 pays de fabrication, et de 25 des 29 pays où ils ont été achetés. Et en ce qui concerne la France, 4 des 5 vêtements achetés contenaient des NPE.
Les marques dont les échantillons de vêtements présentaient les concentrations en NPE les plus élevées sont les suivantes : C&A (un échantillon) ; Mango (trois échantillons); Levi's (deux échantillons) ; Calvin Klein (un échantillon) ; Zara (un échantillon) ; Metersbonwe (deux échantillons) ; Jack & Jones (un échantillon) et Marks & Spencer (un échantillon).

Par ailleurs, des phtalates ont été détectés dans les 31 échantillons de plastisol ; quatre échantillons présentaient des concentrations très élevées (jusqu'à 37,6 % du poids), ce qui indique que cette substance a été directement utilisée en tant que plastifiant pour fabriquer le plastisol.

Or, les NPE et les phtalates, sont des perturbateurs endocriniens potentiellement toxiques, par contact direct avec la peau lorsque le vêtement est porté car ils peuvent passer la barrière cutanée, et par ingestion suite à la consommation d'eau contaminée. Ils dérèglent le fonctionnement hormonal normal de notre organisme. Et c'est particulièrement dangereux chez les femmes enceintes, chez les jeunes enfants et les adolescents.

demande donc aujourd'hui aux marques de promouvoir un futur sans produits toxiques ; de collaborer avec tous leurs fournisseurs afin d'exclure les produits chimiques dangereux de leur chaîne d'approvisionnement et de leurs produits ; de remplacer ces produits par des composés plus sûrs ; de faire la transparence sur les pratiques de leurs fournisseurs car les personnes qui vivent à proximité des usines et des rivières ont le droit de savoir ce que contient l'eau ; de catalyser le changement dans l'industrie des vêtements ; et de créer enfin la nouvelle tendance écologique de la mode.

Et c'est possible puisque déjà 7 grandes marques internationales de la mode (Puma, Nike, Adidas, H&M, M&S, C&A et Li-Ning) se sont déjà engagées dans ce sens.

Pour connaître les vêtements des 20 marques à éviter et adhérer à la campagne Détox: www.greenpeace.fr

Et n'oublions pas qu'il existe de plus en plus de vêtements bio !

Romy Heisenberg