reportage

Vulnérabilité et adaptation au changement climatique dans le bassin du Mantaro, Pérou.

Nicolas Deburge Reporter
Paris
Avec un diplôme de l'ESC Bordeaux et un master en communication de l'université Pompeu Fabra de Barcelone, il réalise aujourd'hui, dans le cadre de son association Résolutions Ecologiques, un premier voyage responsable à travers l'Amérique Latine et l'Asie, sur une durée de 1 an, intitulé "Resolutions Ecologiques, un voyage sur les traces du changement climatique ." www.resolutionsecologiques.com  


Sommaire
Publié Le 15 Juin 2009 à 04h32
1 - Rencontre avec Alejandra Martinez de l'Institut Géophysique du Pérou (IGP)
2 - Les considérations de l'IGP
3 - Les grandes tendances météorologiques qui se détachent de l'étude menée par l'IGP
4 - Les projets de l'IGP
 

Rencontre avec Alejandra Martinez de l'Institut Géophysique du Pérou (IGP)

Notre correspondant à l'International, Nicolas Deburge, est parti début 2009 en direction de l'Amérique du Sud, continent qu'il parcourra pendant 6 mois avant de se diriger vers l'Asie du sud est. Le but de ce voyage ? Aller à la rencontre des experts de la lutte contre le changement climatique afin de nous faire part des projets d'adaptation et des projets d'atténuation du changement climatique. Sa " chronique irrégulière du changement climatique " continue au Pérou.

Après la Bolivie, mon voyage se poursuit au Pérou et m'amène à sa capitale, Lima. C'est dans cette mégapole de 10 millions d'habitants située au beau milieu du désert longeant la majeur partie de la côte péruvienne que siège l'Institut Géophysique du Pérou (IGP).

En traversant la ville, je ne peux m'empêcher de frémir du sort qui atteindrait ses habitants en cas d'un tarissement des glaciers andins, dont le risque m'était évoqué précédemment par Edson Ramirez à La Paz. J'ai rendez-vous avec la Doctora Alejandra Martinez, qui doit partager avec moi le travail réalisé par l'IGP sur le changement climatique. Elle me reçoit dans les bureaux de l'Institut, situés en bordure de la ville, qu'elle partage avec une équipe multidisciplinaire formée de statisticiens, climatologues, géologues et autres ingénieurs agronomes.

A sa création à la fin des années 70, la vocation première de l'IGP était d'étudier le phénomène El niño, mais en 2003, une initiative nationale spécifiquement dédiée à la thématique du changement climatique voit le jour avec le lancement du projet Proclim. Il s'agit un projet de grande portée destiné à étudier les impacts du changement climatique au Pérou et les différentes mesures potentielles d'adaptation. Le projet est lancé à l'époque par la Conam (Commission nationale de l'environnement) - aujourd'hui le ministère de l'environnement - conjointement avec de nombreuses autres institutions.
Proclim porte sur trois zones d'étude pilotes situées dans les Andes centrales : Santa, Piura et la vallée du Mantaro. C'est dans cette dernière région que l'IGP s'est chargé d'étudier la partie " adaptation et vulnérabilité climatique " du projet, en suivant un thème transversal : l'eau.

En effet, l'eau est au coeur de la problématique du changement climatique dans cette vallée à forte activité agricole, qui envoie la presque totalité de ses produits vers Lima et la côte. C'est aussi le principal contributeur en énergie hydroélectrique du pays avec 60% de la production. Le principal projet réalisé par l'IGP dans le cadre de Proclim concerne la capitale régionale Huancayo. Celle-ci se situe juste en-dessous du glacier Huaypapayan (" là où l'on cueille les fleurs ", en Quechua), actuellement en train de fondre, et qui l'abreuve en eau potable. Alejandra me fait remarquer qu'à la différence des précédents projets réalisés au Pérou, portant jusqu'ici sur des communautés rurales de faible population, on a ici une ville de 300 000 habitants mise en danger par la diminution des ressources en eau. Nous sommes ici dans une région rurale relativement isolée, située à plus de 3000 mètres d'altitude.


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