reportage

Vulnérabilité et adaptation au changement climatique dans le bassin du Mantaro, Pérou.

 
 
Nicolas Deburge Reporter
Paris

Avec un diplôme de l'ESC Bordeaux et un master en communication de l'université Pompeu Fabra de Barcelone, il réalise aujourd'hui, dans le cadre de son association Résolutions Ecologiques, un premier voyage responsable à travers l'Amérique Latine et l'Asie, sur une durée de 1 an, intitulé "Resolutions Ecologiques, un voyage sur les traces du changement climatique ." www.resolutionsecologiques.com

 

L'IGP essaye de rassembler tous les intervenants locaux : la defensa civil - l'organe gouvernemental chargé d'intervenir en cas de cataclysme - et un maximum d'institutions locales, tous les acteurs de la santé et de l'éducation qui sont en contact direct avec les populations, et directement concernés par les conséquences du changement climatique dans la région.

L'Institut entreprend alors la création d'un plan intégré de gestion des risques, consistant à organiser la collaboration entre tous ces intervenants en cas d'événements extrêmes simultanés dans la région. Il s'agit de savoir ce qui doit se faire et ce qui est à éviter en cas de crise. Il y a tout un travail de coaching des institutions à réaliser. Les chercheurs de l'IGP ont remarqué que bien souvent, certaines actions importantes n'interviennent pas, tandis que d'autres sont réalisées en doublons.

Il faut donc apprendre aux différents acteurs régionaux à travailler ensemble, à améliorer leur communication et définir les tâches de chacun pour en améliorer la complémentarité.
A chaque nouveau Huayco, on assiste à une course entre le directeur de la Defensa civil et le représentant du gouvernement régional pour apparaître en première page du journal local, s'amuse Alejandra, non sans une pointe d'amertume. C'est un exemple éloquent sur le travail qui attend l'IGP et ses partenaires au cours des nombreux ateliers et réunions prévus dans les mois à venir.

Enfin, conclut Alejandra, l'Institut étudie les pratiques traditionnelles de réaction aux événements climatiques afin de mieux comprendre l'approche locale et dégager les pratiques efficaces. Une tradition de la région consiste par exemple à faire éclater des pétards dès qu'une vague de froid est à l'approche. Les populations sont convaincues que cette tradition a un réel impact sur la contention du phénomène climatique, mais ceci n'a jamais été étudié jusqu'ici. Il s'agit donc pour l'IGP d'étudier ces pratiques ancestrales et autres coutumes, d'en connaitre l'origine et l'efficacité avérée. L'institut entreprend également un travail de veille sur les pratiques existantes dans d'autres régions du monde qui pourraient être adaptées dans le Mantaro.
Ce projet ambitieux de l'IRD fait face, on le voit, à une problématique extrêmement complexe, présentant de multiples facettes.

Si la partie est loin d'être gagnée, le travail d'Alejandra et ses collègues permet d'espérer, et nous donne un excellent exemple des chantiers innovants à mettre en oeuvre dans les pays dits " du sud " face au changement climatique.

Nicolas Deburge

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