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64% de la population mondiale considère les changements climatiques comme une urgence

Selon la plus grande enquête d'opinion jamais organisée dans le monde sur les changements climatiques - menée par le PNUD (Programme de l'ONU pour le développement) en collaboration avec l'Université d'Oxford -, plus de la moitié de la population mondiale considère le Climat comme une urgence, et est favorable à une action d'envergure.

 

Les résultats de l'enquête "Peoples' Climate Vote" (le Vote populaire pour le climat) ont été publiés fin janvier 2021. Dans le cadre de cette enquête, qui couvre 50 pays abritant plus de la moitié de la population mondiale, ce sont notamment plus d'un demi-million de jeunes de moins de 18 ans qui ont été interrogés, un public clé dans le domaine des changements climatiques, qui ne peut généralement pas encore voter aux élections.

"Cette enquête innovante a été diffusée à travers des plateformes de jeux mobiles, afin de pouvoir toucher des publics généralement difficiles à atteindre lors des sondages, comme les jeunes de moins de 18 ans" précise le PNUD.

Dans cette enquête, il a été demandé aux répondants si les changements climatiques constituaient une urgence mondiale et s'ils soutenaient 18 politiques climatiques clés dans six domaines d'action : l'économie, l'énergie, les transports, l'alimentation et l'agriculture, la nature et la protection des populations.

Résultats : Les politiques proposées ont rencontré un franc succès, les plus populaires étant la préservation des forêts et des terres (soutenue par 54 % du public), le développement de l'énergie solaire, éolienne et renouvelable (53 %), l'adoption de techniques agricoles sans incidence négative sur le climat (52 %) et davantage d'investissements dans les entreprises et les emplois verts (50 %).

"Il ressort de l'enquête que les personnes interrogées souhaitent l'adoption de politiques climatiques plus vastes que celles appliquées actuellement" explique le PNUD. "Par exemple, dans huit des dix pays couverts enregistrant le plus gros volume d'émissions dans le secteur de l'énergie, la majorité des répondants se sont dits favorables au développement des énergies renouvelables. Dans quatre des cinq pays présentant le plus haut taux d'émissions liées au changement d'affectation des terres et pour lesquelles suffisamment de données ont pu être recueillies sur les préférences en matière de politiques, la majorité des personnes interrogées ont affirmé être favorables à la conservation des forêts et des terres. Neuf des dix pays abritant les populations les plus urbanisées sont pour une utilisation accrue de voitures et d'autobus alimentés à l'énergie propre ou du vélo."

Pour ce qui est de l'âge des répondants, les plus jeunes (moins de 18 ans) ont davantage tendance à considérer les changements climatiques comme une urgence que les personnes plus âgées. Néanmoins, d'autres groupes d'âge ne sont pas loin derrière, avec 65 % des personnes âgées de 18 à 35 ans conscientes de cette urgence, 66 % des celles âgées de 36 à 59 ans et 58 % des plus de 60 ans, ce qui montre à quel point cette problématique s'est aujourd'hui popularisée

L'enquête a également révélé un lien direct entre le niveau d'instruction des personnes et leur souhait qu'une action soit menée pour le climat. Les personnes ayant fréquenté une université ou une école supérieure étaient en très grande majorité conscientes de l'urgence climatique, que ce soit dans des pays à faible revenu comme le Bhoutan (82 %) et la République démocratique du Congo (82 %) ou dans des pays riches tels que la France (87 %) et le Japon (82 %).

Le Professeur Stephen Fisher, de la Faculté de sociologie de l'Université d'Oxford, commente : " Le Vote populaire pour le climat nous a permis d'accéder à une manne de données sans précédent sur l'opinion publique. Les citoyens sont bien plus conscients de l'urgence climatique qu'on ne le pensait. Nous avons également pu constater que la plupart des gens souhaitaient clairement l'adoption de politiques fortes et d'envergure. "

"La pandémie de COVID-19 a bouleversé nos vies et la façon dont nous travaillons, interagissons et nous déplaçons. Cette pandémie peut marquer un tournant décisif. Saisissons cette occasion et changeons de cap pour nous diriger vers des modes de vie plus durables" plaide aujourd'hui l'ONU qui invite les gouvernements mais aussi les citoyens à se mobiliser et à agir. "Chacun d'entre nous peut contribuer à limiter le réchauffement climatique et à prendre soin de notre planète. En changeant nos habitudes et en faisant des choix qui ont moins d'effets néfastes sur l'environnement."

ME

Sources:

 

www.undp.org