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Agriculture bio en France : 6,5% des surfaces cultivées et seulement 2% des aides

Publié Le 10 Janvier 2018 à 18h41
 
L'agriculture bio, déjà moins aidée que l'agriculture conventionnelle, est encore pénalisée. Le gouvernement va supprimer certaines aides alors que l'agriculture biologique ne perçoit déjà que 2% des aides pour 6,5% des surfaces cultivées. Un petit coup de pouce cette année et pour trois ans de plus est donné via un crédit d'impôts. Mais il ne compense pas les aides perdues.
La production agricole bio en France qui représente aujourd'hui 6,5% de la surface agricole utile ne reçoit pourtant aujourd'hui que 2% des aides agricoles.

 

Les exploitations dont 40% au moins des recettes proviennent de productions agricoles biologiques vont continuer à bénéficier d'un crédit d'impôts, qui a été revalorisé (il passe 2500 € à 3500 € par an), pour les trois années à venir (2018, 2019 et 2020), ainsi en a décidé le projet de loi de finances 2018 voté en novembre. Ce crédit sert à compenser le système d'aides de la politique agricole européenne (PAC) qui favorise les surfaces (les aides sont accordées à l'hectare) et profite peu aux exploitations bio, souvent de petite taille. Sous réserve que le cumul n'excède pas 4000 € par an, il reste cumulable avec les autres aides : les aides à la conversion, versées aux agriculteurs qui s'engagent dans le mode de production biologique, et les aides au maintien qui prennent le relais en fin de période de conversion. On pourra bientôt dire qui prenaient le relais...

Un crédit d'impôts de 4000 €/an maximum

Le ministre de l'agriculture Stéphane Travert a annoncé en septembre la suppression des aides au maintien dès 2018. Les régions pourront toutefois financer ces aides à la place du gouvernement mais leurs budgets étant globalement en réduction et leurs dépenses en hausse, il est probable que de nombreuses régions ne le feront pas.

Selon le ministre, les exploitations agricoles bio sont rentables en fin de conversion et n'ont plus besoin d'être aidées. L'ONG Générations futures ne partage pas le même optimisme et craint que la suppression des aides au maintien n'aboutisse in fine à des dé-conversions si les exploitations bio n'ont pas encore atteint l'équilibre en fin de conversion.

Au-delà de ce risque, c'est un signal incompréhensible envoyé au mode de production agricole le plus vertueux. La production agricole bio en France qui représente aujourd'hui 6,5% de la surface agricole utile ne reçoit pourtant aujourd'hui que 2% des aides agricoles soit 160 millions d'euros sur les 7,44 milliards que la France reçoit de l'Europe, avant le rognage des aides au maintien.

Anne-Françoise Roger