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Agriculture : une réduction de 30 % des pesticides serait possible


Sommaire
1 - Plan Ecophyto 2018 : moins de pesticides, c'est possible !
2 - L'agriculture française devrait-elle passer en "production intégrée" ?
Publié Le 4 Février 2010 à 11h41
 
Les résultats de l'étude de l'INRA  apportent un éclairage nouveau sur la question de l'utilisation des pesticides et les perspectives envisageables pour la réduction de leur utilisation.

" Très globalement, il apparaît que les situations sont très contrastées selon les quatre grands types de cultures qui ont été considérés (grandes cultures, viticulture, arboriculture et productions légumières) et les grandes régions du territoire métropolitain, sur plusieurs plans, notamment la pression pesticide, l'existence, la diversification et l'efficacité de stratégies alternatives pour réduire cette pression, et l'existence et la disponibilité de données exploitables pour évaluer ces stratégies ", explique l'INRA.

Les résultats de l'étude font apparaître que l'engagement du Grenelle de l'environnement de réduire les pesticides de moitié en moyenne par rapport au niveau actuel est un objectif ambitieux. Il pourrait correspondre, en année moyenne comme 2006, aux résultats d'une simulation dans laquelle toute l'agriculture française passerait en "production intégrée" : "la baisse de la pression pesticide serait alors estimée  à 50 % en grandes cultures, 37 % en viticulture, 21 % en arboriculture, et 100 % sur les prairies ; des baisses de production (en valeur) seraient observées, estimées à 12 % en grandes cultures, 24 % pour la viticulture et 19 % pour les fruits".

Pertes de production pour l'agriculture bio

De son côté, la généralisation de l'agriculture biologique, c'est-à-dire la suppression de l'utilisation de produits de synthèse (pour les pesticides et les engrais) se traduirait par des pertes de production importantes, sans doute sous-estimées en grandes cultures (-35 %). Celles-ci concordent avec les résultats des groupes "Productions" qui estiment à 25% la baisse de rendement pour les vignes et à 50 % pour les fruits.

" Si l'agriculture biologique vendait ses produits aux mêmes prix que l'ensemble des exploitations, les pertes de marge brute avoisineraient 40 %. Il faudrait que les prix des produits biologiques soient plus élevés de l'ordre de 40 % par rapport au prix moyen, pour compenser les baisses des marges dans l'agriculture biologique ", note l'Institut nationale de la recherche agronomique.

Cette étude alimentera les orientations futures de la recherche agronomique, notamment dans le cadre de la concertation lancée par l'INRA sur les orientations envisagées pour son document d'orientation 2010-2014, qui incluent des propositions pour une agro-écologie de la santé des plantes (www.inra2014.info).

 

Emilie Villeneuve