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Alerte sur des pesticides qui entrainent la mort par asphyxie

Publié Le 26 Septembre 2019 à 12h18
 
Attention asphyxie ! Les fongicides SDHI, utilisés à très grande échelle contre les moisissures qui attaquent les cultures, entrainent la mort des champignons microscopiques en bloquant la respiration cellulaire. Mais toutes les cellules vivantes respirent et toutes peuvent être atteintes, y compris celles des abeilles ou des verres de terre. Plus grave : les cellules humaines sont touchées. Un collectif de scientifiques de réputation internationale a demandé que leur utilisation soit suspendue.
Selon des chercheurs, les fongicide SDHI très utilisés dans l'agriculture contre les moisissures, peuvent bloquer la respiration cellulaire de tous les êtres vivants, plantes, animaux et hommes. Scientifiques et chercheurs lancent l'alerte pour que ces produits soient interdits.

 

Le processus est fatal : les fongicides SDHI bloquent une étape clef de la respiration des cellules - une étape assurée par l'enzyme succinate déshydrogénase d'où leur nom de Succinate deshydrogénase inhibitors ou SDHI; les cellules meurent asphyxiées, entrainant la mort des champignons.

Problème : les cellules de tous les êtres vivants respirent. C'est pourquoi les SDHI provoquent la disparition de nombreux insectes utiles comme les vers de terre et les abeilles. Plus grave : ils atteignent également les cellules humaines.

" Ils bloquent bien la SDH humaine, nous l'avons testé en laboratoire. Or, nous savons qu'il est extrêmement dangereux de bloquer cette enzyme ", explique Pierre Rustin, directeur de recherche au CNRS-INSERM.

Scientifiques et chercheurs lancent l'alerte

Aussi, des scientifiques, chercheurs, toxicologues, médecins dont des cancérologues, appartenant aux plus grands organismes de recherches français (Inserm, CNRS, Inra), effrayés des conséquences possibles sur les êtres humains et l'environnement, ont décidé de d'agir. Ils ont lancé une alerte sur le sujet via une tribune parue dans le journal Libération en avril 2018.

En janvier 2019, l'Agence nationale de sécurité sanitaire française (ANSES) a réagi en rejetant l'alerte sanitaire et en appelant simplement à renforcer la vigilance sur ces produits. Une réaction qui étonne les scientifiques.

En juin 2019, l'ONG Pollinis qui lutte pour la défense des abeilles, s'est associée aux chercheurs Pierre Rustin et Paule Bénit (voir la vidéo #STOPSDHI), co-signataires de la tribune, pour déposer une pétition au Parlement européen en faveur d'une réévaluation urgente des SDHI puis pour demander leur retrait immédiat du marché. Un livre d'investigation, intitulé " Le crime est presque parfait ", publié en septembre, fait le point sur ces pesticides et leur dangerosité.

Une utilisation à grande échelle

Les risques liés aux SDHI sont d'autant plus importants que ces produits sont utilisés sur de nombreuses cultures et sur de très larges surfaces. " Ces substances sont parmi les plus utilisées en agriculture en France et dans certains pays européens, couvrant près de 70 % des surfaces traitées de blé tendre et 80 % de l'orge d'hiver ", observe Pollinis.

Pour information, les surfaces semées en blé tendre en France atteignent 5 millions d'hectares et celles de l'orge environ 1 Mha. S'y ajoute le colza cultivé sur 1 Mha, les semences, les fruits (raisins et agrumes), des pommes de terre mais aussi les pelouses, notamment celles des terrains de golf. La liste n'est pas exhaustive.
Aussi, il n'est pas étonnant que les SDHI soient parmi les molécules les plus communément retrouvées dans nos aliments selon les analyses officielles et notamment le boscalide et le fluopyram.

Des maladies suspectées notamment chez les enfants

Non seulement les fongicides accélèrent la disparation des abeilles et des insectes utiles ou non, mais ils pourraient être à l'origine de graves maladies humaines.

Selon les chercheurs, des anomalies de fonctionnement de la SDH " peuvent entraîner la mort des cellules en causant de graves encéphalopathies, ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules et se trouver à l'origine de cancers ". Il est question encore de maladie de Parkinson, de problèmes de fertilité. Les auteurs de la tribune s'inquiètent que la toxicité à long terme sur l'homme n'ait pas été sérieusement étudiée. Ils alertent sur de conséquences graves qui pourraient survenir dans les années qui viennent. Une fois de plus, trop tard.

Anne-Françoise Roger

Pour en savoir plus : lire le dossier "Le boscalid : un fongicide SDHi très (trop) présent dans notre environnement"

Pétitions à signer :
Stop au glyphosate et au SDHI
Pour un retrait immédiat des fongicides SDHI, tueurs d'abeilles et cancérigènes potentiels !