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Allégations bio et environnementales trompeuses : la traque va commencer

Publié Le 13 Novembre 2010 à 16h45
 
Le Ministère de l'Ecologie vient de décider de lancer la traque à l'utilisation abusive des valeurs environnementales. Et en publiant un petit guide pratique, il compte sur la vigilance des consommateurs pour l'aider.
Devant l'engouement des consommateurs pour les produits bio, et leur prise en compte des arguments environnementaux pour orienter leurs choix, l'utilisation des termes écologiques a envahi les étiquettes et pollué la communication écologique en délivrant une information qui peut être trompeuse , voire mensongère. Et ce n'est pas un hasard si l'association "Les Amis de la Terre" a créé les " Prix Pinocchio " pour dénoncer les entreprises à l'origine d'allégations environnementales abusives.

Le Ministère de l'Ecologie, avec l'appui du Secrétariat d'Etat au Commerce, vient donc de prendre plusieurs décisions. Il a demandé à la Direction de la concurrence et des fraudes (DGCCRF) d'intensifier ses contrôles. Il va nommer dans les prochains jours un " Médiateur de la consommation durable ". Et il vient d'éditer un "Guide pratique des allégations environnementales".

Lire : Les mesures du gouvernement pour favoriser la consommation durable

Le but de ce guide, accessible gratuitement sur internet, est " d'aider le consommateur en lui donnant des repères pour mieux comprendre ces termes et pour choisir, en toute connaissance de cause, les produits les plus respectueux de l'environnement ". Son but est également de " sensibiliser les professionnels aux principes d'une communication environnementale sincère et précise, afin d'instaurer une relation de confiance durable entre les consommateurs et les entreprises sur ce marché des produits verts ".

Lire : Les ventes de produits " verts " en France devraient augmenter de 105% d'ici à 2015

Ce sont d'ailleurs les consommateurs et les professionnels qui, ensemble, au sein du Conseil National de la Consommation, ont élaboré les recommandations de ce guide afin de clarifier l'utilisation des allégations environnementales et de les rendre plus fiables. Les allégations étant des messages visant à valoriser un produit, ou une marque, sur un emballage, une étiquette, une publicité, ou tout support de communication commerciale ou institutionnelle.

Vous avez dit " biodégradable "?

Car il n'est pas toujours évident de décoder le langage " vert ", d'autant que certains termes peuvent avoir un sens bien éloigné de ce que l'on pourrait penser spontanément.
Ainsi, par exemple, le terme " biodégradable ", que l'on peut lire sur un sac plastique, laisse croire que le sac est bio, et non polluant, et qu'il va être décomposé dans la nature. Eh ! bien ce n'est pas toujours vrai. En effet, tous les sacs plastiques étiquetés biodégradables ne le sont pas forcément.

Lire : Tous les produits biodégradables ne sont pas écologiques ! L'interview vérité sur le plastique bio

Beaucoup de ces sacs, qui se trandforment finalement en confettis, sont en fait composés de plastique classique fragmentable. Et ces confettis ne sont pas du tout biodégradables. Ils vont s'éparpiller dans la nature - et diffuser des molécules chimiques plus ou moins toxiques - pour finalement être ingérés par des animaux qui, ne pouvant les digérer, en mourront. C'est le cas des oiseaux et des poissons notamment. Les vrais sacs bio sont des sacs qui doivent être composés de bioplastique, à base d'amidon de maïs par exemple, combustibles sans résidus et sans formation de matières nocives, et compostables, c'est-à-dire qu'ils vont être biodégradés par des micro-organismes et devenir un agent fertilisant pour les nouvelles cultures. Seul le label " OK compost Home " inscrit sur le sac garantit la biodégradabilité du produit.

Autre exemple. Un produit étiqueté " sauvage " ne veut pas dire que le produit est bio. Le poisson sauvage comme le hareng, ou le maquereau peuvent contenir beaucoup de métaux lourds. Et le poisson de rivière français " sauvage " est impropre à la consommation car il contient de la dioxine.

Lire : Le poisson sauvage n'est pas bio !

De même, l'étiquetage produit " naturel " ne veut pas dire que le produit est bio. Le vin par exemple, dont Pasteur a dit qu'il était " la plus saine et la plus hygiénique des boissons ", est certes une boisson " naturelle ", mais il peut contenir beaucoup de pesticides...

Le bon sens des mots

Le Guide du Ministère de l'écologie, réalisé avec le Secrétariat d'Etat au Commerce, va donc vous aider à vous y retrouver, à décoder le vocabulaire écologique et à bien choisir les produits et les marques les plus respectueux de l'environnement. Dans ce premier volume sont décryptés les termes " greenwashing ", biodégradable ", " durable ", " naturel ", " responsable " " et " sans substance x ".Un second volume devrait être publié début 2011 et portera sur 8 autres termes.
Ce guide rappelle aussi quelle est la réglementation, très stricte, concernant la production des produits bio et les informations qu'on doit trouver sur les étiquettes. Et il précise les textes qui encadrent les allégations environnementales et les sanctions encourues en cas de dérapage : www.arpp-pub.org et www.jdp-pub.org

Avec tout cet arsenal, on peut penser que ça devrait quand même calmer l'ardeur des communicants.

Pour découvrir le Guide pratique des allégations environnementales à l'usage des professionnels et des consommateurs, cliquez ici.

José Vieira

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