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Areva cesse ses exportations de déchets nucléaires en Russie

Publié Le 11 Juillet 2010 à 11h32
 
Vendredi 9 juillet 2010, le navire russe Kapitan Mironov a fait escale en France pour embarquer la dernière cargaison de déchets nucléaires français à destination de la Russie. Le trafic de déchets radioactifs durait depuis 1972...

Alors que le contrat qui unit Areva et l'agence atomique russe Rosatom devait prendre fin en 2014 (voir la lettre du ministre russe de l'énergie), les Russes ont décidé de rompre dès le 11 juillet 2010 cette collaboration qui dure depuis 1972.

L'association écologiste Greenpeace se félicite ainsi depuis quelques jours d'avoir largement contribué à la fin de ce traffic.

Dès les années 1980, Greenpeace s'est en effet positionné contre les exportations de déchets nucléaires français en Russie.

" Lorsqu'un pays fait le choix de l'énergie nucléaire, il doit en assumer les conséquences, avait déclaré Yannick Rousselet, le responsable de la campagne Nucléaire/Énergie de Greenpeace France. Cela signifie notamment gérer le problème délicat posé par les déchets radioactifs. On ne peut pas tolérer que les déchets nucléaires français s'entassent en Russie. "

"Greenpeace considère qu'exporter ces déchets en Russie est contraire à loi russe sur la protection de l'environnement datant de 1989 qui interdit les importations de déchets nucléaires. Mais aussi à la directive européenne de 2006, relative à la surveillance et au contrôle des transferts de déchets radioactifs et de combustible nucléaire usé.

Ce texte stipule que l'expéditeur de déchets nucléaires doit s'assurer des bonnes conditions de sûreté dans lesquelles ils vont être disposés dans le pays dans lequel il les envoie. Aujourd'hui, ni Areva, ni EDF, ni même les autorités françaises ne sont en mesure de contrôler les conditions de sûreté en Russie, comme l'a confirmé l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Greenpeace a donc porté plainte devant la Commission européenne car, en expédiant leurs déchets nucléaires en Russie, les industriels français ne respectent pas cette directive."

En octobre 2009, la diffusion de l'enquête de Laure Noualhat et Éric Guéret, " Déchets : le cauchemar du nucléaire " avait en effet relancé la polémique.

Lire : " Déchets, le cauchemar du nucléaire "

N'obtenant aucune explication satisfaisante de la part d'Areva, Jean-Louis Borloo avait saisit le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire qui a alors ouvert une enquête.

Areva dément cependant toute implication de l'organisation écologiste dans sa décision de cesser ses exportations de déchets nucléaires vers la Russie.

"Malgré les explications fournies par le groupe Areva, la presse du week-end rapporte une affirmation de Greenpeace selon laquelle Areva aurait décidé de mettre fin aux transports d'uranium appauvri vers l'enrichisseur russe Tenex cette année, suggérant que cette décision serait prise sous la pression de cette organisation anti-nucléaire. C'est affirmation est dénuée de tout fondement", peut-on lire dans un communiqué officiel du groupe.

Le fait est que Greenpeace a bien contribué à révéler le scandale et le documentaire d'Arte l'a fait éclater...

" Tout au long de cette bataille, Areva n'a cessé de mentir pour essayer de justifier ces exportations. Aujourd'hui l'industriel essaie de faire croire que l'arrêt des exportations était prévu de longue date...", précise Greenpeace.

Vladimir Pchourov, responsable énergie à Greenpeace Russie, confie à une journaliste de Rue89 : " J'ai le sentiment que Rosatom a pris cette décision à cause du réveil de l'opinion publique après les nombreuses campagnes dénonçant le fait que la Russie était devenue la poubelle nucléaire de la France ".

Lire l'article de rue89 : Chut ! Areva cesse d'exporter ses déchets radioactifs en Russie

Le fait est qu'aujourd'hui, le scandale en Russie est enfin bel et bien terminé... Mais le problème des déchets nucléaires demeure...

Christina Vieira