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Biodiversité : le " G7 Environnement " navigue encore dans les voeux pieux...

Publié Le 18 Mai 2019 à 14h49
 
Face au constat plus qu'alarmant sur la disparition de la biodiversité, les pays du " G7 environnement " qui viennent de se réunir à Metz n'ont toujours pas décidé de mesures concrètes...
Le G7 Environnement s'est tenu à Metz les 5 et 6 mai 2019. L'objectif : aboutir à des engagements des pays membres sur des initiatives et actions concrètes pour le climat et la biodiversité.

 

Dans la foulée du rapport de l'IPBES (la plateforme scientifique mondiale sur la biodiversité - ONU) qui a confirmé le 4 mai 2019 la disparition d'un million d'espèces animales et végétales* dans un très proche avenir, on aurait pu s'attendre à ce que les pays membres du " G7 Environnement " - la France, l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni - réunis à Metz les 5 et 6 mai 2019, adoptent des mesures urgentes, fortes et contraignantes pour tenter d'inverser la tendance.

Hélas " la Charte de Metz sur la biodiversité " adoptée par les parties présentes ne contient, malgré ce qui a été annoncé, rien de concret.

Ainsi le Ministère de l'Ecologie français, piloté par François de Rugy, précise dans un communiqué que " cette charte s'articule autour de trois axes principaux " :

1. Accélérer les efforts pour lutter contre l'érosion de la biodiversité
2. Encourager la participation d'autres acteurs et parties prenantes
3. Appuyer l'élaboration et la mise en oeuvre d'un cadre mondial de la biodiversité pour l'après 2020

" Accélérer ", " encourager " et " appuyer " sont, dans ce contexte d'urgence, des mots creux, qui n'engagent en réalité à rien. D'ailleurs notre Président de la République Emmanuel Macron n'a rien annoncé, non plus, de concret, lors de son intervention à l'issu de la présentation du rapport de l'IPBES...

Dire qu'il faut réduire le gaspillage alimentaire, recycler les plastiques, réduire l'artificialisation des sols... on est pour, bien entendu. Les mesures gouvernementales doivent donc suivre sans attendre... Bien entendu, il faut également arrêter de subventionner les industriels qui polluent, que ce soit les groupes pétroliers, par exemple, mais aussi les agriculteurs conventionnels. Et le principe du pollueur-payeur doit être bien entendu appliqué.
Le contexte du changement climatique et de la disparition de la biodiversité impose ces mesures de bon sens.

Devant le désastre qui nous attend à très court terme, et qui est aujourd'hui confirmé par des centaines de scientifiques du monde entier, n'est-il pas temps de sortir de la logique économique et de préserver, en priorité, l'avenir de l'humanité, quel que soit le prix à payer?

En attendant le bateau coule, et l'orchestre continue à jouer...

Hervé de Malières

* lire le communiqué de l'IPBES "Le dangereux déclin de la nature : Un taux d'extinction des espèces " sans précédent " et qui s'accélère"