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Biodiversité : les franciliens sont invités à recenser les plantes sauvages en ville

Publié Le 2 Mai 2011 à 15h01
 
A partir du 3 mai, les citadins de la région parisienne vont pouvoir participer au programme de science participative " Sauvages de ma rue " et inventorier les plantes sauvages qui poussent en villes pour pouvoir ainsi aider les scientifiques à suivre les évolutions de la biodiversité.

Les sauvages de ma rue, le nouveau projet de science participative du Muséum national d'Histoire naturelle et de Tela Botanica, vise à permettre aux citadins de reconnaître les plantes sauvages qui poussent dans les rues de leur quartier.

La qualité de la vie des citadins dépend aussi de la qualité de leur flore

Les villes concentrent sur des surfaces restreintes une proportion grandissante de citoyens et une nature urbaine tout à fait particulière. Cette biodiversité, à travers les services qu'elle rend est indispensable à la vie des citadins : elle tempère les ilots de chaleur, elle aide à la dépollution de l'air et de l'eau, à la détoxification des sols... Elle offre également à certains citadins la seule relation avec la nature qu'ils peuvent avoir. En conséquence, de son bon état dépend la qualité de vie des citadins, de leur bien être et même de leur santé.

Les chercheurs ont besoin de données sur la ville

Avec l'essor de l'écologie urbaine, l'écosystème urbain est de mieux en mieux connu. A l'échelle de la ville, les espèces présentes, animales ou végétales, sont répertoriées depuis plus ou moins longtemps même si elles restent lacunaires. À une échelle encore plus fine, celle de la rue, les listes d'espèces n'existent pas. Pourtant, ces données sont indispensables pour comprendre comment les " micro-habitats interstitiels " : pieds d'arbres, espaces engazonnés..., les structures urbaines et les modes de gestion influent sur la qualité de la biodiversité.

Participer au projet Sauvage de ma rue

Le projet des " sauvages de ma rue " a pour but de permettre aux citadins de reconnaître les espèces végétales qui poussent dans leur environnement immédiat, les plantes qu'ils croisent quotidiennement dans leur rue, autour des pieds d'arbres, sur les trottoirs, dans les pelouses... Même s'ils n'ont aucune connaissance en botanique, grâce à l'utilisation du guide des 100 plantes les plus communes dans Paris et les villes d'Île-de-France, ils peuvent faire la liste des espèces qui poussent dans leur rue et envoyer les données grâce au site internet www.sauvagesdemarue.fr.

Il s'agit ainsi de "comprendre le fonctionnement de la biodiversité en milieu urbain" où elle est malmenée car "les populations de plantes sont plutôt petites et déconnectées des unes et des autres", a ainsi expliqué à l'AFP Nathalie Machon, professeur au Muséum et coordinatrice de l'observatoire.

Des données pour améliorer la connaissance de la biodiversité

Les données arriveront dans les bases de données du Muséum national d'Histoire naturelle et de Tela Botanica qui pourront les analyser. Elles permettront d'avancer sur la connaissance de la répartition des espèces en ville et l'impact de ces " micro-habitats interstitiels " sur la qualité de la biodiversité. Les données pourront éventuellement être fournies aux communes et autres collectivités territoriales qui désirent en savoir plus sur leur diversité végétale.

Selon le directeur-général du Muséum Thomas Grenon, l'objectif d'un tel projet est double. D'abord, permettre aux citadins de se réconcilier avec la nature. "La perte de connaissance est liée à cette perte d'intérêt", estime-t-il. Il s'agit également d'offrir un précieux coup de main aux scientifiques qui peinent à rassembler les données dont ils ont besoin pour comprendre le vivant.

En 2011, le projet concerne uniquement les espèces qui peuplent les villes et villages de la région parisienne et alentours, mais il sera étendu à d'autres régions de France dès 2012.

Sauvages de ma rue lance ainsi un appel aux citadins pour observer la nature. Pas besoin d'être un expert pour participer, tout le monde peut devenir observateur ! Chacun pourra donc choisir une rue dans sa ville, noter ce qui y pousse sur une fiche et l'envoyer à l'observatoire sur le site www.sauvagesdemarue.fr. Les inscriptions seront disponibles à partir du 3 mai !

Alicia Muñoz

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