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Cancun : le bilan inquiétant de la première semaine

 
Après une semaine de négociations très peu médiatisée, un bilan s'impose. Le Protocole de Kyoto a fait une entrée remarquée dans les négociations climat de Cancun, avec le refus sans équivoque du Japon d'une prolongation du traité. L'annonce par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) d'un exceptionnel réchauffement en 2010 devrait alarmer l'opinion, mais en sera-t-il de même pour les gouvernements?
DOSSIER SPECIAL

Le refus du Japon de prolonger le protocole de Kyoto

Le protocole de Kyoto est actuellement le seul engagement international qui contraint les pays industrialisés - du moins ceux qui l'ont ratifié - à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Si beaucoup de pays souhaitent son renouvellement après l'année butoir 2012, le Japon s'est prononcé contre mercredi dernier.

Le pays du soleil levant avait pourtant donné des signes de sa bonne volonté, avec l'accueil à Nagoya de la fructueuse conférence des parties sur la biodiversité et en défendant le texte, pourtant bancal, sur lequel les décideurs se sont entendus l'an passé à Copenhague. Celui-ci incluant davantage de pays pollueurs.

Cette volonté peut toutefois sembler démesurée à ce stade des négociations et risque de faire capoter les tentatives de rétablissement du dialogue entre pays du Nord et pays du Sud. Ces derniers sont en effet majoritairement favorables à la prolongation du protocole, car il concerne principalement les pays qui émettent des GES depuis le plus longtemps.

En déclarant qu'il n'étendra pas ses réductions à moins que d'autres grands émetteurs tels que la Chine et les Etats-Unis ne le fassent aussi, le Japon risque de froisser fortement les pays du Sud qui contestent l'accord incomplet et injuste de Copenhague. Même si le Japon n'est responsable que de 3 % des GES mondiaux d'origine humaine, ce blocage nippon " est comme une douche froide " a ainsi déclaré à l'AFP Brice Lalonde, ambassadeur pour les négociations de la partie française, car il ouvre une nouvelle discorde.