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Cancun : les enjeux

Pour lutter contre l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine responsable du réchauffement climatique les participants à la Conférence de Cancun doivent trouver des accords qui engagent tous les pays du monde, car la lutte ne peut être que planétaire.

L'échec de Copenhague et la poursuite de la crise économique mondiale font craindre que les négociations qui démarrent aujourd'hui à Cancun, et qui vont durer 15 jours, n'aboutissent pas à des mesures contraignantes, qui seules pourraient ouvrir la voie à une baisse des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

Mais face aux menaces potentielles considérables en termes écologiques, sociaux et humains, qui affecteront tous les pays du monde, les 15 000 participants à la Conférence ont quasiment l'obligation de trouver des solutions. Car le réchauffement climatique est désormais installé. Et il est irréversible, quels que soient les efforts qui seront entrepris. La seule chose que nous puissions faire maintenant est de tenter de limiter l'augmentation de la température de la planète et de la maintenir en dessous de 2°C, seuil dont les conséquences pourraient être considérées comme acceptables et gérables.

Trouver un accord mondial contraignant

Malgré les difficultés qui se présentent, seul un accord juridiquement contraignant permettra de limiter les émissions de C02. Car si certains pays, en particulier de l'Union européenne, ont accepté d'engager des actions volontaires, d'autres, comme les pays dits émergents, la Chine, l'inde, le Brésil et la Russie, n'ont pas envie de limiter leur croissance en limitant l'usage des énergies fossiles dont ils disposent et qui sont les moins chères. Et tant pis pour la pollution. Et beaucoup de pays, en particulier africains, n'ont pas les moyens se passer de l'utilisation de ces énergies.

A Cancun, au Mexique, plus de 190 pays se réunissent à partir ce lundi pour tenter de redonner élan et crédibilité aux négociations sur le climat. Jean Jouzel, climatologue français et expert au Giec, n'est pas très optimiste sur l'issue de ce sommet.

Pour parvenir à la signature d'un accord contraignant, il va donc falloir que les pays dits riches proposent des compensations pour les uns et des subventions pour les autres.
Parmi les décisons qui pourraient être prises, il y a la lutte contre la déforestation, la création d'un fonds vert pour aider les pays émergents à se développer en abandonnant les énergies fossiles et en privilégiant les énergies renouvelables, le transfert technologique...

Mais la crise financière réduit considérablement les marges de manoeuvre. Alors le risque est grand que Cancun se résume à des petits arrangements.

Hervé de Malières