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Cash Impact : Elise Lucet repart à la chasse aux pesticides

Publié Le 27 Février 2018 à 11h42
 
L'émission Cash Impact présentée par Elise Lucet diffusera ce mardi 27 février à 22h35 sur France 2 un reportage intitulé " Pesticides : notre santé en danger". Cette enquête révèle comment les multinationales de l'agrochimie inondent nos régions avec leurs pesticides, au risque de mettre en danger la santé des populations.
"Pesticides : notre santé en danger", une enquête "Cash Impact" présentée par Elise Lucet diffusée le 27 février 2018 sur France 2

 

En février 2016, l'émission Cash Investigation présentée par Elise Lucet sur France 2, présentait un reportage intitulé "Produits chimiques : nos enfants en danger". Cette enquête révélait comment les multinationales de l'agrochimie inondent nos régions avec leurs pesticides, au risque de mettre en danger la santé des populations. A cette occasion, l'équipe de Cash a présenté la carte de l'utilisation des pesticides dangereux en France, réalisée à partir des données secrètes auxquelles les journalistes ont eu accès. Le ministre de l'Agriculture de l'époque, Stéphane Le Foll, avait promis de prendre des mesures pour limiter l'exposition de la population et des travailleurs agricoles aux pesticides. Où en est-on deux ans après ? "Nous sommes bien loin des engagements pris devant Elise Lucet" commente l'équipe de journalistes qui a travaillé sur cette nouvelle enquête.

68 000 tonnes de pesticides vendus en France en 2016 !

Elise Lucet est partie interviewer le nouveau ministre de l'agriculture, Stéphane Travert. "Est-ce que vous allez enfin rendre public les chiffres de ventes en France des pesticides ?" Malgré les promesses du précédent gouvernement, ces chiffres ne sont toujours pas rendus publics. Pourquoi ? La réponse du ministre est malheureusement assez floue... "Nous allons travailler sur la différenciation entre la vente et le conseil" explique-t-il, précisant qu'il travaille "sur un plan de sortie des pesticides", "mais pas de transparence" réplique la journaliste. Le ministre de disposant apparemment pas de ces chiffres... Alors l'équipe de Cash a à nouveau enquêté pour trouver ces chiffres. "Des lignes et des lignes de produits chimiques" ont été analysées pour arriver à "un chiffre qui donne le vertige" expliquent les journalistes : 68 000 tonnes de pesticides vendus en France en 2016 ! C'est 6 % de plus qu'en 2009. La France reste l'un des plus gros consommateurs de pesticides en Europe. On est bien loin de la baisse promise par les gouvernements successifs.

Les ouvriers agricoles, premières victimes des pesticides

La rédaction de "Cash" est repartie sur le terrain, à la rencontre des ouvriers agricoles, premières victimes de ces produits dangereux. Sylvie Berger, 47 ans, une ancienne ouvrière agricole qui a travaillé plus de vingt-cinq ans dans les vignes du Médoc, témoigne. Sa vie a basculé le 8 juin 2012. Ce jour-là, elle est entré sur une parcelle où deux herbicides ont été épandus la veille et l'avant-veille... "En relevant les vignes, on a des éclaboussures au visage, explique-t-elle. Quand la température a commencé à monter, entre dix heures et midi, on a ressenti les symptômes... Brûlure au visage, les yeux qui pleurent, l'envie de vomir, mal à l'estomac... et les aphtes dans la bouche, en ce qui me concerne. A midi, on débauche et on va prévenir le chef. Il nous a dit de sortir des vignes, d'aller à l'ombre, de nous reposer et de changer de parcelle...". Dans les mois qui suivent, son corps se détraque progressivement : "Je marchais comme une petite mamie de quatre-vingt ans. J'avais du mal à porter et à prendre des affaires. Je ne savais plus où j'étais. Je n'avais plus de repères. Faire les courses toute seule était impossible. Mon mari me disait que je marchais de plus en plus recroquevillée...". Ce sont les premiers signes d'une maladie qui sera diagnostiquée quatre ans plus tard. A 45 ans, Sylvie apprend qu'elle est atteinte de la maladie de Parkinson, dont on ne guérit pas.

Les écoles contaminées par les pescticides dans le Médoc

Marie-Lys Bibeyran, à la tête du "Collectif Info Médoc Pesticides", témoigne également sur la présence de pesticides dans l'environnement immédiat des enfants. "Les vignes sont à moins d'un mètre de l'école et il y a toujours le même filet vert censé protéger les enfants des épandages". Selon la militante, rien n'empêche les molécules chimiques de circuler des vignes jusqu'à la cour de récréation.

Lire l'article : Médoc : alerte à la contamination des maisons et des écoles par les pesticides

"Là, on a retrouvé quatorze résidus de pesticides différents, essentiellement des cancérigènes suspectés ou probables, et des perturbateurs endocriniens... Sur ces quatorze résidus, sept proviennent de pesticides interdits. Ici, la question n'est pas de savoir quels résidus de pesticides détectés sont susceptibles d'être dangereux, mais quels sont ceux susceptibles de ne pas l'être, tellement c'est un cocktail vraiment inquiétant", précise la militante.

Des bidons de pesticides recyclés en jouets pour enfants

L'enquête a également mis au jour que certains produits, interdits en France, sont fabriqués en toute légalité sur notre territoire et exportés vers d'autres pays européens moins regardants sur les impacts sanitaires. Une journaliste ukrainienne, Marina Zhukovina du quotidien en ligne "Nabludatel", a ainsi emmener l'équipe de Cash dans la banlieue de Kiev où des milliers de bidons de produits chimiques sont entassés dans un site de recyclage sauvage. Toutes les multinationales sont représentées : Bayer, Monsanto, BASF ou Syngenta. Et certains bidons viendraient de France. "Ils remplissent les bidons de pesticides périmés pour les revendre sur les marchés parallèles. D'autres bidons sont découpés en morceaux pour les fournir à des sociétés tout aussi illégales pour fabriquer des jouets d'enfants" explique Marina Zhukovina.

"Pesticides : notre santé en danger", une enquête d'Elizabeth Drévillon, est à découvrir le 27 février 2018 sur France 2 à 22h35. Retrouvez plus d'infos et les replay sur le site www.francetvinfo.fr.

Stella Giani