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Climat : les deux propositions de DSK pour que la COP21 soit un succès

Publié Le 27 Novembre 2015 à 16h55
 
A l'approche de la Conférence sur le climat (COP21) à Paris, l'ancien directeur du Fonds Monétaire International (FMI) Dominique Strauss-Kahn a publié un texte dans lequel il donne deux propositions concrètes, respectant l'équité entre les pays et les individus, pour financer la lutte contre le réchauffement climatique.
Le tweet de DSK du 27 novembre 2015 avec le lien vers son texte proposant des pistes concrètes pour arriver à un accord financier dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique

 

L'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn revient sur le devant de la scène médiatique à l'occasion de la COP21 qui débute le 29 septembre à Paris.

DSK a publié le vendredi 27 novembre un post sur Twitter renvoyant vers un communiqué en français et en anglais intitulé "Conférence de Paris sur le Climat: un accord financier".

"La Conférence sur le Climat qui va bientôt se tenir se déroulera à un moment politiquement très tendu, environnementalement très urgent et économiquement très faible" explique-t-il.

"8 ans après le début de le crise financière, l'économie mondiale reste anémique réduisant d'autant la possibilité de mettre en oeuvre des politiques généreuses et tournées vers l'avenir" constate DSK.

Soulignant le danger du réchauffement climatique "qui aura des conséquences graves et irréversibles pour la planète et la vie humaine" si rien n'est fait, DSK se montre assez pessimiste sur l'issue des négociations de la COP21 et notamment sur la volonté des pays développés de lever 100 milliards de dollars par an au bénéfice du Fonds vert pour le climat dont l'objectif est d'aider les pays les moins avancés économiquement à financer l'adpatation au réchauffement climatique.

Il explique ainsi : "Les économies avancées tentent en fait d'échapper à leurs responsabilités en se défaussant de leurs engagements vers le secteur privé et les banques de développement. En réalité, il n'y a aucun espoir de pouvoir monter un co-investissement crédible et efficace avec le secteur privé, et ce pour deux raisons : d'abord parce qu'il peut s'agir d'investissements qui auraient eu lieu de toutes façons et qui ne peuvent donc pas être présentés comme une véritable contribution nouvelle, et ensuite parce que le secteur privé ne peut pas s'engager à aussi long terme si bien que ses promesses non tenues ne serviront qu'à justifier après coup pourquoi l'objectif de 100 milliards n'a pas été atteint. C'est pourquoi les pays en développement sont fondés à réclamer un financement principalement public mais qui ne se fasse pas au détriment de l'aide au développement qui est déjà en retard sur les engagements passés. Nous savons tous comment la conférence de Paris va finir. Au mieux les membres vont s'engager à fournir un montant total de ressources budgétaires tentant d'atteindre le chiffre de 100 milliards. Mais les promesses ne sont que des promesses et dans les années à venir ces ressources si nécessaires partiront en fumée ou n'apparaitront que grâce à d'ingénieux doubles comptes".

Pour éviter que la COP21 de Paris ne se solde par un échec, DSK propose 2 solutions

"Il faut que tous les gouvernements présents s'engagent à mettre en place une taxe carbone (principe du pollueur-payeur) progressive dont les rendements seraient transférés au Fonds vert pour le climat. C'est le meilleur moyen de garantir une contribution budgétaire respectant l'équité entre les pays et les individus" explique DSK qui cite une étude américaine récente qui montre que 10% des individus les plus riches produisent 43% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

"La communauté internationale devrait également demander au FMI de procéder à une émission significative et récurrente de Droits de Tirage Spéciaux (DTS) pour compléter le financement du Fonds Vert" préconise DSK. "En pratique, cela se substituera aux engagements budgétaires en créant de la liquidité par les banques centrales et cela profitera largement aux pays émergents et en développement qui recevront cette allocation dans les réserves de leur banque centrale. Ils pourront ensuite échanger ces DTS contre des devises réelles et financer les investissements nécessaires à la transition énergétique", explique-t-il. "Cette allocation extraordinaire de DTS est une idée qui n'est ni nouvelle ni folle. Cela a déjà été fait dans le passé et cela a été proposé à nouveau par le Groupe de Haut Niveau sur le Climat réunit en 2010 par les Nations Unies. Cette question a aussi été étudiée en détail par le FMI."

La mise en place de ces deux mesures représenterait "un courageux pas en avant qui changerait radicalement la nature des négociations de Paris (...) poussant les pays émergents et en développement, enfin rassurés sur la crédibilité des promesses financières de la communauté internationale, à sortir du bois et à s'engager sérieusement et vigoureusement dans la transition énergétique, la réduction des émissions et les énergies propres." Et ces mesures permetteraient non seulement de lutter contre le réchauffement climatique mais également de relancer l'économie mondiale selon DSK qui conclut son texte en précisant qu"il s'agit là d'une opportunité historique que nous ne pouvons pas manquer".

Lire le texte de Dominique Strauss-Kahn "Conférence de Paris sur le climat : un accord financier"

Stella Giani