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Comment lutter contre le suremballage ?

Publié Le 8 Février 2012 à 12h11
 
Emballages en plastique, carton, polystyrène... Lesquels choisir pour réduire ses déchets ? Comment éviter les emballages contenant des substances potentiellement dangereuses comme le bisphénol A et les phtalates ? Une fiche pratique pour répondre à toutes vos questions !

Cent milliards d'emballages sont jetés chaque année par les Français, soit presque 5 millions de tonnes, composées de plastique (pour moitié), de cellophane, papier, carton, métal... Seule la moitié de ces emballages sera recyclée (52 %), entraînant un gâchis de matériaux et de ressources naturelles, la pollution de notre environnement et la contamination de la chaîne alimentaire.

Une menace pour l'environnement et pour la santé

Dans le secteur alimentaire, l'emballage représente, jusqu'à 20% du coût du produit fini. Pour les produits de luxe tels que les parfums, ce pourcentage peut même grimper à 65% ! Le consommateur se retrouve ainsi à payer un emballage qui l'importe peu et l'encombre bien souvent plus qu'autre chose. D'après un sondage TNS Sofres,  46 % des Français trouvaient les emballages " envahissants " en 2007.

La nature aussi souffre de l'excès d'emballages : bouteilles en plastiques, canettes en alu et autres emballages alimentaires s'accumulent sur les plages et dans les cours d'eau, si bien que l'on peut affirmer aujourd'hui que l'emballage a perdu sa fonction initiale ; celle de protéger la santé du consommateur. En devenant un outil marketing, les emballages se sont multipliés, devenant un danger pour la biodiversité et les consommateurs eux-mêmes. En effet, les emballages contiennent des encres à base de dérivés pétroliers qui peuvent s'infiltrer jusque dans les aliments (voir l'étude d'UFC Que Choisir sur les encres d'emballages réalisée en septembre 2011) mais aussi des additifs toxiques tels que les phtalates dont le simple contact avec les aliments laisse le bénéfice du doute.

Alors que la France vient d'être rappelée à l'ordre par la Commission européenne pour se mettre en conformité avec la directive 94/62/CE relative aux emballages et aux déchets d'emballages, le consommateur est en droit de se poser la question suivante : comment lutter contre cette nuisance ?

Si les pouvoirs publics trainent la patte sur la réduction des déchets d'emballages voir la suppression de certains types d'emballages, il est possible d'agir efficacement à notre échelle. Certaines pétitions ont circulé par la passé pour inciter les autorités à passer la vitesse supérieure, mais vous aurez certainement le sentiment d'agir de manière plus directe en envoyant un courrier au directeur de votre magasin préféré ou au service consommateur des distributeurs afin de leur demander d'agir. Des courriers types peuvent vous être fournis par le  CNIID .

Si vous n'en êtes pas à ce niveau d'exaspération, sachez que vous avez le droit de laisser en magasin les emballages que vous estimez excessifs au nom de la "satisfaction client". Mais voici quelques conseils simples qui vous permettront de boycotter en un coup d'oeil les forts contenants à faible contenu...

Les emballages à éviter :

  • Ceux qui ne servent à rien comme les cartonnettes qui entourent les yaourts, les dentifrices, les crèmes de jour, les fournitures scolaires ou encore  les plats préparés.
  • Ceux qui nous trompent car ils sont insuffisamment remplis comme les boîtes de céréales, de sucreries, de riz ou encore de pâtes. Petite astuce : secouez la boîte avant de la mettre dans le caddie : plus c'est bruyant, plus il y a d'air dans le paquet !
  • Ceux qui sont disproportionnés par rapport au contenu comme les emballages des téléphones portables, les coques en carton et plastique pour les brosses-à-dents, crayons, gommes, cartouches d'imprimantes, etc.
  • Ceux qui ne sont pas recyclables car contenant du plastique comme les barquettes à fruits et légumes, les blisters,
  • Ceux qui sont trop petits et qui devraient inclure plus de portions pour être plus économiques. On pense aux portions individuelles de fruits et légumes, de fromage ou de saucissons prédécoupés, aux dosettes de sucre ou de café, etc.

Les emballages à privilégier :

  • Ceux qui sont recyclables car ils sont en carton, en verre ou en métal.
  • Ceux qui peuvent avoir une seconde vie ! Par exemple le pot de moutarde ou de pate à tartiner qui devient verre de table, la boîte à biscuits ou à thé en métal qui pourra accueillir d'autres biscuits, des pates, du riz ou encore du sucre.
  • Ceux qui ont une grande contenance et les recharges qui évitent le gaspillage d'emballages.

Certaines marques conscientes que ce gaspillage agace de plus en plus de consomm'acteurs, commencent à vendre des yaourts sans carton ou encore mieux, des pots de cosmétiques réutilisables d'une fois à l'autre. Si vous repérez une marque qui fait des efforts en matière d'emballage comme Priméal ou Alter Eco, retenez-là pour vos futurs achats. Comme suggéré précédemment, mieux vaut éviter l'achat d'aliments en sachets individuels (même si c'est parfois pratique), car c'est à la fois une dépense supplémentaire pour vous, pour le fabriquant et pour la planète. S'il n'est pas toujours possible d'acheter en format XXL (c'est même déconseillé si vous n'êtes pas sûr(e) de consommer la denrée à temps), n'oubliez pas que de plus en plus de magasins vendent au détail, ou en " vrac ". Ainsi, on sait qu'une gomme, un stylo ou une règle s'achètent au détail dans une librairie.

Olivia Montero