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Comment réagissent les jeunes face à la dégradation de l'environnement ?

Publié Le 18 Avril 2014 à 18h33
 
31% des jeunes en France ont une idée précise de ce que signifie le "Développement Durable". Et seulement 17% d'entre eux se disent être confiants sur l'état de la planète dans les 10 ans à venir. Découvrez ce que révèle l'étude inédite ADEME-Ipsos sur les valeurs et attitudes des moins de trente ans face aux nouveaux enjeux engendrés par les transformations en cours sur la planète.

Le monde d'aujourd'hui fait face à de nombreuses mutations : crise des ressources énergétiques, avancée à grands pas de la société numérique, nouveaux modèles économiques... Autant de défis à venir pour les nouvelles générations, auxquels elles devront faire face. Leur connaissance et leur engagement en matière d'environnement seront donc fondamentaux dans les années à venir pour assurer la pérennité de notre planète.

L'Agence de l'environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) s'est donc intéressée aux jeunes de France, d'Allemagne, des Etats-Unis et de Chine : ont-ils conscience de la situation de la planète ? Sont-ils prêts à faire face à ces enjeux ? Comment se positionnent-ils face à ces mutations ? Voici les résultats de l'enquête ADEME Ipsos publiée en mar 2014 et menée auprès de 4000 jeunes de 15 à 30 ans.

Une génération pessimiste face à la dégradation de la planète

Interrogés sur le futur de la planète, les moins de 30 ans expriment une vision pessimiste. Ainsi, si 82% des moins de trente ans restent confiants en ce qui concerne leur avenir personnel, moins d'un jeune sur deux (42%) dit être confiant sur l'état de la planète dans les dix ans à venir. Ce chiffre est particulièrement bas en France : seuls 17% des jeunes Français sont confiants. Les jeunes Chinois forment une exception en exprimant un point de vue positif : ils sont 62% à garder confiance sur l'état de la planète dans les dix ans à venir. Les Allemands (42%) et les Américains expriment une position intermédiaire. Selon l'étude, les moins de trente ans apparaissent ainsi comme une génération lucide face à la dégradation de la planète.

Des jeunes bien informés mais qui manquent de pratique

En ce qui concerne l'environnement, le niveau d'information des moins de trente ans est correct mais perfectible. Si l'expression "développement durable" bénéficie d'un taux de notoriété importante (84%), seule une minorité a une idée précise de ce qu'elle recoupe dans la réalité (31%). La plupart se sentent bien informés sur les pratiques à avoir en matière de respect de l'environnement, mais ils sont "plutôt bien informés" et non "très bien informés".

L'âge auquel ils ont acquis des connaissances se situe entre 15 et 18 ans pour la plupart : c'est au lycée que la connaissance et l'information se transmettent (plus tôt aux USA et plus tard en Chine). Les sources privilégiées d'information sur les problèmes environnementaux sont l'école (49%), la télévision (45%) et les parents (40%), selon l'enquête.

Parmi les sources d'informations liées au développement durable pour la jeune génération, les sites internet spécialisés sur le développement durable comme Bioaddict.fr arrivent à 16% et les réseaux sociaux à 18%. L'étude de l'ADEME précise cependant que le concept de "réseau" est un levier fondamental pour mobiliser la jeunesse dans les années à venir car 91% de cette génération fréquentent en effet assidument les réseaux sociaux.

En termes de pratiques, les jeunes ont conscience qu'ils pourraient en faire beaucoup plus. Leur niveau de contribution personnelle à la préservation de l'environnement mesuré à travers une note est médiocre (inférieur à 6 en moyenne). Leur pratique des éco-gestes s'apparente au dilettantisme : beaucoup le font, mais la plupart admettent qu'ils pourraient le faire un peu, voire beaucoup plus.

Quels sont les éco-gestes les plus pratiqués par les jeunes de moins de trente ans ?

Il s'agit en premier lieu des économies à domicile : machine à laver pleine, éteindre la lumière, chauffage, eau... En revanche, des activités telles que l'achat de produits respectueux de l'environnement, les douches rapides, ou l'utilisation de produits autres que jetables, sont peu pratiquées. A noter que les plus vertueux sont les Européens tandis que les Chinois sont très à la traîne.

L'étude révèle que les motivations des éco-gestes sont surtout liées à un principe d'économie ou d'habitude. Les considérations éthiques viennent seulement après. Pour ceux qui ne les pratiquent pas ou peu, trois freins prévalent : l'oubli, le côté peu pratique, et le coût.

A noter : Les adolescents (15-17 ans) se sentent moins bien informés et pratiquent moins que les autres. Ils font des éco-gestes plus "par habitude, sans y penser", et moins par souci d'économie. Mais c'est aussi parce qu'ils "n'y pensent pas toujours" qu'ils ne le font pas souvent. La famille et l'école jouent un rôle clé dans la transmission de l'information. Un point positif à noter cependant : les 15-17 ans sont en pointe sur le tri des déchets.

L'étude de l'ADEME montre également que les pratiques en plein développement chez les jeunes sont des pratiques collaboratives : le covoiturage, l'achat groupé, le troc, ou encore le recours à des AMAP, ou l'usage des vélos et des automobiles en libre-service.

En outre, l'étude montre que les formes d'engagement traditionnelles sont rejetées, sur fond de défiance record vis-à-vis des institutions et du monde politique (surtout en France).

Pour voir l'étude et retrouvez plus d'informations, rendez-vous sur le site de l'ADEME.

Mathilde Emery


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