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Condamnation d'Areva : vers la fin de l'impunité pour le lobby nucléaire ?

Publié Le 30 Septembre 2011 à 14h38
 
La Socatri, une filiale d'Areva, a été reconnue jeudi coupable du délit de " déversement de substances toxiques dans les eaux souterraines ayant entraîné une modification significative du régime normal d'alimentation des eaux", suite à une fuite d'uranium survenue en juillet 2008.

C'est une première en France ! Vendredi 30 septembre, la Cour d'appel de Nîmes a condamné une filiale d'Areva pour pollution des eaux, à la suite de l'appel déposé par plusieurs associations dont le Réseau Sortir du nucléaire.

Première condamnation pénale du genre

Cette condamnation pénale, fait suite aux écoulements radioactifs détectés sur le site nucléaire du Tricastin, en juillet 2008. En effet, dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008, 74 kg d'uranium avait été rejetés dans l'environnement et les cours d'eau autour du site géré par Socrati, une usine de traitement des combustibles nucléaires. Ce débordement de cuve avait contaminé temporairement les rivières alentoures et entraîné l'interdiction de la pêche et de la baignade. " 30 m3 d'effluents chargés d'uranium ont contaminé les eaux superficielles, privant la population d'eau potable, et polluant des lieux de baignade fréquentés. Selon une évaluation effectuée à l'époque par la CRIIRAD, la pollution correspondait à 27 fois la limite annuelle des rejets autorisés", rapporte ainsi le Réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué de presse.

Cet incident avait fort heureusement été très médiatisé en France et l'échelle internationale des événements nucléaires avait alors classé l'accident Socrati au niveau 1, sur sept. Le Réseau "Sortir du nucléaire", de même que de nombreuses associations et citoyens, avaient immédiatement déposé plainte, se constituant partie civile. Le 14 octobre 2010, le tribunal correctionnel de Carpentras avait condamné Socrati pour retard de déclaration d'incident mais l'avait relaxée du délit de pollution des eaux.

Graves négligences de Socrati

L'audience en appel qui s'est déroulée aujourd'hui dans la matinée a condamné la filiale au versement d'une amende de 300 000 euros ainsi qu'au paiement de 20 000 euros de dommages et intérêts à chacune des associations parties civiles.

Pour le Réseau Sortir du nucléaire, cette audience " a permis, à nouveau, de mettre en lumière les graves négligences qui sont à l'origine de l'accident de 2008." En effet, selon Etienne Ambroselli, porte-parole du Réseau, " le juge a très bien résumé l'ensemble des manquements de la société tels que des installations " laissées à l'abandon, rouillées ", et la négligence qui a suivi l'accident. Alors que la fuite était détectée, ils ont entendu le lendemain matin pour prendre des mesures et avertir les autorités !"

De son côté le collectif anti-nucléaire du Vaucluse appelle maintenant la population et les salariés à se mobiliser " pour mettre un terme définitif et inconditionnel au principe de la destruction atomique civile et militaires et notamment pour la fermeture immédiate des 4 réacteurs du Tricastin." Le collectif précise que ces réacteurs ont tous plus de 30 ans d'ancienneté et sont situés sur une faille sismique menaçante.

Célia Garcin