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Conférence climatique de Varsovie : les ONG quittent les négociations

Publié Le 21 Novembre 2013 à 16h40
 
La Conférence sur le Climat (COP19) qui se déroule actuellement à Varsovie en Pologne devrait être une étape cruciale pour aboutir à un accord international de lutte contre le changement climatique. Au lieu de ça, de nombreux pays développés font tout pour briser cet objectif alors que notre planète est au bord de l'asphyxie, provoquant la colère des ONG environnementales.
Conférence sur le Climat (COP19) à Varsovie (Pologne)

Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la hausse de CO2 survenue entre 2011 et 2012 est supérieure au taux moyen d'accroissement des dix dernières années. La teneur de l'atmosphère en gaz à effet de serre atteint aujourd'hui un niveau record, poursuivant et accélérant une progression qui alimente le changement climatique et façonnera l'avenir de notre planète pendant des milliers d'années.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a également prévenu que si nous poursuivons dans la même voie, la température moyenne du globe à la fin du siècle pourrait excéder de 4,6 degrés ce qu'elle était avant l'ère industrielle - et même plus dans certaines régions. Les conséquences seraient alors catastrophiques avec une cascade de cataclysmes dont il n'existe aucune certitude que la planète puisse y faire face.

Ainsi, il faut ainsi réduire de manière urgente, sensible et prolongée les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique.

Mais face à toutes ces alertes scientifiques, "tous les gouvernements des pays développés sont cependant venus les mains vides" à la Conférence sur le Climat de Varsovie qui se déroule jusqu'au 22 novembre, explique le Réseau action Climat France dans un communiqué paru ce 21 novembre.

Des gouvernements qui ignorent les préoccupations de leurs populations

"De nombreux gouvernements du Sud continuent d'ignorer les préoccupations de leurs populations. La Conférence climat de Varsovie fait la part belle aux énergies fossiles, avec l'encouragement du gouvernement polonais qui préside cette conférence. Le Japon, l'Australie et le Canada font marche arrière sur leurs engagements climatiques. L'Europe n'a rien de nouveau à mettre sur la table. Si les gouvernements continuent sur cette voie durant les deux derniers jours de la COP, l'accord que nous attendons tous en 2015 sera hors de portée" explique encore le Réseau Action Climat.

" Le gouvernement français, qui présidera le sommet à Paris en 2015, doit entendre le message d'alerte lancé par la société civile internationale et partagé par de nombreux pays, dont les plus vulnérables d'entre eux : c'est à Varsovie que les pays doivent s'engager à annoncer des objectifs ambitieux en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre en 2014 au plus tard " a signalé Morgane Créach, directrice du Réseau Action Climat. "Les ministres français, Pascal Canfin et Philippe Martin, se targuent de vouloir faire de la COP 2015 la conférence des solutions. Ils doivent commencer la promotion de cet "agenda positif" en Europe !"

" En 2014, l'UE doit impérativement se fixer un objectif de réduction de gaz à effet de serre d'au moins 55% d'ici à 2030. Sans oublier les moyens sine qua non pour l'atteindre, un objectif en matière d'énergie renouvelable ambitieux et contraignant de -45% et un objectif de -40% en matière d'efficacité énergétique. Sinon ce sera mission impossible" a également insisté Karine Gavand, responsable des affaires publiques de Greenpeace.

" Varsovie devait être le sommet des financements climat. Résultat des courses : nous attendons toujours des engagements publics, additionnels, comparables et transparents de l'ensemble des pays développés, notamment pour aider les pays les plus pauvres à faire face aux conséquences du changement climatique. Nos ministres présents ici à Varsovie doivent notamment annoncer la contribution de la France au Fonds pour l'Adaptation et défendre l'augmentation des financements publics " a de son côté rappellé Alexandre Naulot, le porte-parole d'Oxfam France.

Les ONG claquent la porte

Les ONG ont décidé ce matin de se retirer des discussions de la Conférence sur le Climat. "Nous, organisations de la société civile française voulons aboutir à un accord à Paris et continuerons à travailler dans ce sens. Mais aujourd'hui, nous décidons de nous retirer du sommet de Varsovie" ont-elles ainsi expliqué.

Greenpeace explique ainsi : "Alors que la conférence sur le climat de Varsovie aurait dû être une étape importante sur le chemin vers un avenir soutenable, elle ne va finalement accoucher de rien. Délibérément certains pays minent le processus multilatéral de l'ONU, seule solution à la résolution de la crise climatique mondiale. La conférence de Varsovie a mis la défense des intérêts des énergies du passé bien avant l'intérêt général des citoyens. Il n'y a plus rien à attendre d'une telle mascarade et les organisations représentatives de la société civile mondiale ont pris la décision de quitter les négociations climatiques afin de consacrer leur temps et énergie à d'autres sujets. A partir d'aujourd'hui, nous allons nous concentrer sur la mobilisation des opinions publiques pour faire pression sur les gouvernements afin que le climat devienne une réelle priorité de l'agenda politique. D'un commun accord, les organisations de la société civile mondiale ont donc décidé de se retirer volontairement des négociations climatiques de Varsovie. C'est la première fois que cela arrive dans l'histoire du processus de négociation."

La conférence de Copenhague (COP15) en 2009 n'a pas tenu sa promesse d'adopter d'un nouvel accord international sur le climat. Si depuis les accords adoptés lors des Conférence des Parties de Cancun (COP16), de Durban (COP17) et de Doha (COP18) ont scellé les fondations nécessaires (objectif de +2°C, cadre pour l'adaptation, fonds vert pour le climat, prolongation du Protocole de Kyoto...) pour que toutes les Parties s'entendent en 2015 sur un accord juridiquement contraignant à partir de 2020, beaucoup de sujets restent à ce jour non aboutis (objectifs de réduction d'émissions, vérification et contrôle, sources de financement...).

Le problème est qu'à force de perdre du temps, la planète va de plus en plus mal et que nous allons bientôt atteindre un point de non retour...

Stella Giani


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