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"De la vitrine à la mine" : le WWF lance une campagne sur l'or illégal en Guyane


Sommaire
1 - Les ravages de l'orpaillage sur l'environnement
2 - Les populations amérindiennes souffrent d'empoisonnement
3 - La campagne du WWF-France pour dire non à l'or illégal
Publié Le 14 Février 2010 à 14h12
 
A l'occasion de la St Valentin, le WWF-France a lancé sa campagne pour dire non à l'or illégal. En effet, rares sont les personnes qui connaissent l'origine de ce métal précieux et les conséquences que son extraction engendre, qu'elles soient sociales, sanitaires ou environnementales.
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Pour faciliter la récupération des paillettes...
Pour faciliter la récupération des paillettes d'or, les orpailleurs se servent du mercure. Ils récoltent alors par blocs un amalgame de mercure et d'or.

L'industrie du bijou représente 80 % de la consommation d'or dans le monde. Afrique du sud, Etats-Unis, Ghana, Chine ou Japon sont les principaux producteurs d'or dans le monde. La Guyane produit seulement 2,5 à 3 tonnes. Pourtant, l'activité aurifère apparaît importante dans l'économie de ce département français : elle constitue son premier poste à l'export.

Depuis quelques années, la Guyane subit de plein fouet une nouvelle ruée vers l'or. Celle-ci se traduit notamment par l'installation massive d'exploitations aurifères illégales qui ne bénéficient d'aucune autorisation officielle et bafouent les lois en vigueur. La recrudescence de l'orpaillage illégal est principalement alimentée par de puissantes vagues d'immigration clandestine en provenance du Brésil.

Les zones de non-droit ont surgit un peu partout au coeur de la forêt amazonienne malgré les opérations menées par les gendarmes et les militaires (explications sur les opérations " HARPIE ").

Selon le rapport Mansillon du Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer du 17 juin 2009, la Guyane compterait plus de 500 chantiers illégaux et entre 5 000 et 8 000 travailleurs clandestins auraient été recensés.

Les ravages de l'orpaillage sur l'environnement

L'utilisation du mercure est interdite en Guyane française depuis 2006, pourtant cette pratique est encore employée par les orpailleurs illégaux. Le rejet de tonnes de boues et de produits toxiques générés par l'extraction de l'or en Guyane française dégrade le milieu naturel et modifie l'habitat des animaux, notamment en détruisant leurs zones de reproduction et d'alimentation en saison sèche.

Les orpailleurs illégaux utilisent le mercure pour amalgamer les particules d'or. L'amalgame est ensuite chauffé à haute température pour séparer les deux métaux. Le mercure s'évapore puis retombe mélangé à la pluie, parfois à des kilomètres des sites d'orpaillage. Une partie de ce mercure part directement dans les cours d'eau et se dépose au fond des rivières, dans les sédiments.

Dans les sédiments, par l'action des bactéries, le mercure se change en méthyl-mercure ((MeHg) forme chimique toxique du mercure absorbable par les organismes vivants.

Toute la chaîne alimentaire subit alors les effets néfastes du mercure. Celui-ci se fixe alors sur les plantes aquatiques, qui sont mangées par les poissons herbivores, qui sont eux dévorés par les poissons carnivores, qui sont finalement pêchés et consommés par les populations locales.

Or, une absorption importante de mercure par l'homme peut entraîner des troubles du système nerveux et des malformations, particulièrement chez la femme enceinte et l'enfant.

Pour récupérer 1kg d'or, 1,3 kg de mercure est employé par les illégaux, avec près de 30 % de pertes, rejetées dans le milieu naturel, essentiellement sous forme de vapeur atmosphérique.

En 2005, 5 tonnes de mercure ont été rejetées dans le milieu naturel et 1,5 tonnes dans les cours d'eau (État des lieux de l'exploitation de l'or en Guyane, mars 2005)

1333 km de cours d'eau seraient directement impactés par le mercure (ONF, 2006). A titre de comparaison, la Loire, de sa source à son embouchure, couvre 1 000 km de linéaire.