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"De la vitrine à la mine" : le WWF lance une campagne sur l'or illégal en Guyane


Sommaire
1 - Les ravages de l'orpaillage sur l'environnement
2 - Les populations amérindiennes souffrent d'empoisonnement
3 - La campagne du WWF-France pour dire non à l'or illégal
Publié Le 14 Février 2010 à 15h12
 
L'eau est au coeur de la culture des populations amérindiennes de l'Oyapock et du Haut-Maroni. www.nonalorillegal.fr

Des études réalisées sur les cheveux des enfants amérindiens ont fait apparaître des taux de mercure 2 fois supérieurs à la norme fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

En 1994, le Réseau National de Santé Publique avait également mis en évidence une exposition importante de la communauté amérindienne Wayana par le mercure. Dans cette communauté, qui réside dans le Haut-Maroni, au bord du fleuve Maroni et du Tampoc, un taux d'imprégnation au mercure supérieur à la norme OMS a été relevé chez plus de 70 % des enfants amérindiens Wayanas du Haut-Maroni (Direction générale de la santé, 1997).

"Les niveaux moyens d'exposition relevés dans le Haut-Maroni sont nettement supérieurs à ceux observés chez les populations exposées chroniquement ailleurs dans le monde et ayant fait l'objet de recherche chez l'enfant. Ils sont du même ordre de grandeur que ceux rapportés chez les indiens de Munduruku, zone d'orpaillage intensif au Brésil", inscrit l' Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse) dans sa note de synthèse et recommandations " Risques sanitaires liés au mercure en Guyane " du 4 octobre 2004.

Des risque d'atteintes cérébrales chez l'enfant

Les fortes concentrations résultent de la bioaccumulation du mercure dans les organismes marins. En effet, la consommation de poisson constitue la principale source d'exposition alimentaire de l'homme au méthylmercure.

Une fois absorbés, les sels de mercure sont susceptibles de s'accumuler dans le foie, les globules rouges, la moelle osseuse, les reins, la rate, les intestins, les poumons, la peau et le système nerveux central.

La personne intoxiquée voit alors son écriture se modifier, son champ visuel se rétrécir et n'arrive plus à bien coordonner ses mouvements. L'atteinte rénale est moins fréquente.

Le méthylmercure, l'un des composés du mercure, peut passer la barrière placentaire ; or le foetus pourrait être 10 fois plus sensible à sa toxicité que l'adulte.

A haute dose, le méthylmercure est toxique pour le système nerveux central de l'homme, en particulier durant son développement in utero et au cours de la petite enfance. Il peut provoquer des troubles comportementaux légers ou des retards de développement chez les enfants exposés in utero ou après la naissance, même en l'absence de signes toxiques chez la mère.

" Les déficits observés chez les jeunes enfants sont des retards psycho-moteurs, staturo-pondéraux et de l'acquisition du langage, des signes d'atteintes pyramidales, voire une infirmité motrice cérébrale. On admet jusqu'à ce jour que des concentrations supérieurs à 10 μg/g dans le cheveu de la mère durant la grossesse sont susceptibles d'accroître le risque d'atteinte cérébrale de l'enfant ", écrit l'Afsset dans l'étude "Risques sanitaires liés au mercure en Guyane".