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Des policiers africains s'investissent avec Interpol dans la lutte contre le braconnage

Publié Le 1 Septembre 2011 à 13h05
 
Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) révèle dans un communiqué qu'un stage de formation intensif a réuni des représentants des forces de l'ordre de 11 pays africains. Au programme : la mise en application d'une législation efficace pour protéger la faune sauvage.

Mis en place par le Ministère de l'environnement canadien dans le cadre d'une formation Interpol, la plus grande organisation internationale de police au monde, ce stage a eu lieu du 21 au 27 août avec "pour but de faire progresser la gouvernance, la collaboration régionale et l'état de droit, et d'engager des poursuites contre les trafiquants d'animaux sauvages qui dépouillent l'Afrique de certains de ses plus beaux trésors" déclare l'IFAW, principal financeur de la formation.

Celle-ci a réuni 27 agents des forces de l'ordre du Botswana, du Lesotho, du Malawi, du Mozambique, de Namibie, d'Afrique du Sud, du Swaziland, de la Tanzanie, de la Zambie et du Zimbabwe. Le contenu du stage, conçu par des experts du ministère canadien, arborait des thématiques telles que les législations internationales de protection de la faune sauvage, la coopération inter-agences, la gestion des risques, les techniques d'interrogatoire ou encore les outils de mise en application.

Pourquoi une telle formation ?

D'abord, en raison du contexte particulier : les niveaux de braconnage et de commerce illégal ont en 2010 atteint des records jamais vus depuis 2002, l'Afrique centrale étant le pays le plus durement frappée. De plus, la prise par les autorités tanzaniennes de 1041 défenses d'éléphants le 24 août dernier, la plus importante saisie d'ivoire réalisée au cours de l'année selon l'IFAW, rappelle à quel point la problématique du braconnage devient urgente. 

Le Canada est l'un des principaux pays à soutenir le programme Interpol contre les crimes environnementaux, initié en 1992. Richard Charrette, membre du ministère de l'environnement canadien et principal instigateur du programme de cette formation intensive s'est dit "conscient que ce qu'il manque aux pays les plus développés, ce sont des outils efficaces, comme des guides d'identification à l'entrée des frontières et une formation élémentaire en matière d'application de la loi."

"Cette formation arrive à un moment crucial, car seule une coopération croissante à l'échelle régionale peut nous permettre de faire face aux menaces considérables qui mettent en péril la survie d'espèces emblématiques, comme les rhinocéros et les éléphants", a déclaré pour sa part Kelvin Alie, directeur du Programme de prévention contre le commerce illégal d'animaux sauvages.

Quelles seront les suites de ce stage intensif ?

Ces six jours de formation ont abouti à l'organisation d'opérations de mise en application qui "seront menées dans les pays des participants dans les prochains mois" affirme l'IFAW dans son communiqué. L'objectif de ces opérations est d'arrêter certains trafiquants parmi les plus importants de la région et, à long terme, de retrouver moins d'ivoire sur les marchés illégaux et ainsi de mieux protéger la vie sauvage. Mais surtout, selon l'IFAW, il s'agit " d'envoyer un message clair : le commerce illégal d'espèces sauvages est un crime grave et sévèrement puni."

Grâce au message fort envoyé par cette coopération entre Interpol, Environnement Canada et l'IFAW, la communauté internationale devrait prendre ces questions plus au sérieux. L'étau va-t-il enfin se resserrer sur les cartels et mafias de la contrebande ?

Alicia Muñoz