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Des polluants venant d'Asie souillent l'ouest des Etats-Unis

Publié Le 25 Janvier 2010 à 12h18
 
Alors que l'Asie reste une région en forte expansion économique, démographique et industrielle, la question de l'impact à grande échelle des émissions entraînant la pollution de l'air se pose. Pour la première fois, une étude, parue dans la revue Nature du 21 janvier 2010, montre que l'augmentation sur la partie Ouest des Etats-Unis de l'ozone troposphérique, un polluant nocif pour l'homme, est due à des émissions venant d'Asie.
Distribution de l'ozone, par classe de percentile, dans la moyenne troposphère (3-8 km, et PV<1.5 pvu) au printemps, pour 1984 et 1995-2008, incluant le nombre de données pour chaque année.
Moyenne sur 1984-2008 des temps de résidence des particules au cours des 15 jours avant la mesure, dans toute la colonne troposphérique (b, c, et d) ou sous forme d'empreinte au sol (footprint), i.e. localisation des masses d'air ayant eu un altitude inférieure à 300 m au cours des 15 derniers jours (e, f, g). Les trois lignes correspondent à trois classes d'ozone différentes : 0-33% (b et e), 34-66% (c et f) et 67-99% (d et g).
Cette étude, menée par la NOAA, l'Agence américaine responsable de l'étude de l'océan et de l'atmosphère (National Oceanic and Atmospheric Administration), montre que ces émissions provenant d'Asie ont été transportées vers l'Est à travers le Pacifique par le jeu de conditions météorologiques. Pour arriver à ses résultats, elle a croisé les nombreuses données de différents outils d'observation sur la période 1984-2008, couplant les transports des masses d'air à un inventaire des émissions.

Un gaz à effet de serre aux conséquences physiologiques végétales et humaines

L'ozone qui se trouve entre 0 et 12 km d'altitude est dit " troposphérique ". C'est un des principaux gaz à effet de serre participant à l'équilibre climatique terrestre mais également un polluant qui affecte la qualité de l'air. Une forte concentration d'ozone peut avoir de nombreuses conséquences physiologiques comme le ralentissement du taux de croissance de la végétation ou les affections pulmonaires.

L'ozone n'est pas directement produit par les activités humaines. C'est un polluant secondaire, issu de réactions photochimiques (activées par le soleil) impliquant, entre autres, les oxydes d'azote et le monoxyde de carbone.

" Ce polluant et son augmentation est observée globalement depuis le début de l'ère industrielle. L'Asie est un fort producteur d'émissions qui produisent de l'ozone dans l'air, et au printemps particulièrement, les conditions météorologiques favorisent l'export de la pollution vers l'Est à travers le Pacifique ", explique le CNRS, le Centre national de la recherche scientifique.

Cette étude est une première : aucune étude suffisamment solide n'avait pu jusqu'à présent faire le lien entre la croissance de l'ozone résultant des émissions asiatiques et une augmentation d'ozone sur la partie ouest des USA.

Un polluant nocif qui ne cesse de croitre depuis 30 ans

L'ozone troposphérique a augmenté continuellement depuis le début des années 1980 (30 % par rapport à des mesures de 1984). L'étude montre que les plus fortes augmentations observées au cours des 15 dernières années sont associées aux masses d'air influencées par les émissions sur la Chine, l'Inde et les pays de l'Asie du Sud-Est.

" Du point de vue de la qualité de l'air, l'augmentation de la concentration moyenne d'ozone à grande échelle est inquiétante. Dans ce cas de migration, contrôler la croissance est bien plus difficile que de contrôler des concentrations régionales qui dépendent de sources locales. Si cette augmentation continue, mettre en conformité la qualité de l'air à la législation actuelle deviendra impossible pour certaines régions des USA ", souligne le CNRS.

Emilie Villeneuve