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Écologie : les femmes sont l'avenir de l'Homme...

Publié Le 31 Mars 2010 à 12h31
 
Les femmes politiques actuellement engagées dans la défense du bio et de l'environnement donnent l'exemple du courage et de la ténacité. Respect.

Nathalie Kosciusko-Morizet n'a pas eu peur de dire, sur France 2, qu'elle était " en grande solidarité " avec Chantal Jouanno qui s'était sentie " désespérée " suite à l'abandon de la taxe carbone par le Gouvernement.

Peu d'hommes aux commandes de l'Etat lui ont emboîté le pas...

Jean-Louis Borloo a supposé que la campagne des régionales l'avait fatiguée. François Fillon a rappelé que le Gouvernement devait être solidaire. Et Nicolas Sarkozy l'a vertement tancée en lui rappelant qu'elle n'était pas à son poste pour avoir des états d'âme mais pour appliquer les consignes.

Heureusement, Michel Rocard, et Alain Juppé, ont sauvé l'honneur. M. Rocard, qui a présidé l'année dernière une Conférence d'experts chargés d'élaborer une proposition de contribution climat énergie, a déclaré que l'abandon de la taxe carbone était l'équivalent d'un " crime contre l'humanité ". Alain Juppé, ancien et éphémère Ministre de l'environnement, a estimé quant à lui que la taxe carbone était une " urgence à laquelle il ne fallait pas renoncer ". Mais voilà des propos qu'il est facile de tenir lorsque l'on est pas au Gouvernement...

Les femmes en tête

En matière de bio, d'écologie et de développement durable, en faisant un petit tour d'horizon, force est de constater que les femmes, sans que les hommes en prennent ombrage, donnent actuellement la meilleure image de l'engagement et du courage politique. On compte dans leur rang, à titre d'exemples, quelques femmes dont on peut être fier et qu'il faut saluer.

Chantal Jouanno, actuelle Ministre de l'Ecologie, n'a pas craint de dire son écoeurement suite à l'abandon par le Gouvernement de l'application de la taxe carbone en France, pourtant considérée par Nicolas Sarkozy comme "incontourable". A n'en pas douter, elle devait être au courant des difficultés d'application de la taxe. Mais son discours spontané aurait tendance à montrer qu'elle a dû être mise devant le fait accompli au dernier moment, c'est à dire quand les résultats des élections régionales ont confirmé le basculement des écologistes vers la gauche.
Le Gouvernement aurait-il abandonné la taxe carbone si les voix écologistes s'étaient reportées sur les candidats UMP? Il y a fort à parier que non.

Nathalie Kocsciusko-Morizet, ancienne Ministre de l'Ecologie, et actuellement Ministre de l'Economie Numérique, a aussi pris le risque de se faire " virer " du Gouvernement en dénonçant le " lâchage politique " au moment ou elle s'était opposée aux OGM. Et elle persévère courageusement en soutenant Chantal Jouanno...

Cécile Duflot, Secrétaire nationale du parti politique les " Verts ", a réussi quant à elle à s'imposer avec beaucoup de fraîcheur dans le débat politique des élections régionales. Et elle semble de taille à ne pas se faire croquer par le glouton PS .

Eva Joly, Députée européenne (Europe Ecologie), l'ancienne juge qui a " osé " instruire au péril de sa vie, car elle a été menacée, l'affaire Elf Aquitaine, a choisi de mettre ses compétences juridiques, mais aussi ses valeurs morales et humaines, au service de l'écologie.

Michèle Rivasi, biologiste, Députée européenne et fondatrice de la CRIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) et de la CRIREM (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur les Radiations Electromagnétiques) lance de son côté, depuis plus de 20 ans, des alertes concernant des problèmes de santé publique liés au nucléaire, aux produis chimiques, et à l'usage des nouvelles technologies. Elle ose contester les " études officielles " derrière lesquelles elle trouve souvent des conflits d'intérêts, des conclusions hâtives, voire de la manipulation. Sa dernière alerte en date porte sur les effets potentiels néfastes pour la santé des scanners corporels utilisés dans les aéroports. Elle demande que des études complémentaires soient réalisées avant que son utilisation ne soit systématisée. Que du bon sens ! Ses combats ont sans aucun doute contribué à la mise en place du " principe de précaution ".

Courage et ténacité

Ce qui est constant et impressionnant chez ces femmes, qui, bien sûr, et heureusement, savent aussi faire de fins calculs politiques, c'est leur capacité, lorsque les enjeux sont ressentis par elles comme vitaux, d'être visionnaires et de mettre au second plan leur carrière et leurs intérêts personnels, pour défendre, avec courage et ténacité, leurs convictions quand elles ressentent dans leur chair que le bio, l'environnement, le développement durable, l'avenir de la planète et de l'humanité, sont menacés....

Le vivant c'est sacré

" Bio " veut dire " Vivant " en grec. Ce sont les femmes qui donnent la vie. La nécessité intuitive de la préserver à tout prix doit les guider, assurément.
Aragon a dit que " La femme est l'avenir de l'homme ". Quelle géniale intuition concernant l'écologie.

Le débat parlementaire sur le " Grenelle de l'Environnement " doit reprendre début mai à l'Assemblée Nationale. Il devrait durer six semaines. Mesdames, nous vous soutenons dans votre juste combat !

José Vieira

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