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Enquête spéciale santé-environnement: Eau du robinet ou en bouteille, que faut-il boire ?

Sommaire de cet article :

  1. Quels sont les risques sanitaires liés à la consommation d'eau potable?
  2. Quelles sont les normes de qualité de l'eau potable?
  3. Des normes plus ou moins respectées
  4. Des résidus médicamenteux contamineraient l'eau du robinet
  5. Existe-t-il un lien entre le cancer et l'eau potable ?
  6. Des bouteilles plastiques contaminées par des hormones?!
  7. L'eau en bouteille : le problème des milliers de tonnes de plastique PET polluant
  8. L'eau potable au robinet est 100 à 1000 fois plus écologique que l'eau minérale en bouteille
  9. Où se renseigner sur la qualité de l'eau du robinet ?
  10. Les Français et l'eau : ce qu'ils pensent et ce qu'ils consomment
1) Oui, d'après le WWF et une vingtaine de scientifiques

Le WWF, en collaboration avec le cancérologue David Servan-Schreiber, cite également le principe de précaution car de nombreuses études établieraient des liens entre cancer et polluants de l'eau .

L'ONG, entourée du médecin et d'une vingtaine de scientifiques, admet que l'eau du robinet est en général de bonne qualité en France si l'on prend comme critères d'évaluation les normes réglementaires. Néanmoins, les personnes malades du cancer ou qui sont passées par la maladie doivent bénéficier d'une eau potable de qualité irréprochable au nom du principe de précaution.

" En France, la qualité de l'eau varie selon les régions et selon les périodes de l'année, en raison de l'activité agricole. De fait, des personnes fragilisées peuvent être exposées sans le savoir à des taux de nitrates et de pesticides supérieurs aux normes. De plus, les normes de qualité n'ont pas évolué malgré les nouvelles connaissances sur des polluants à effet hormonal (certains pesticides, certaines hormones, le bisphénol A...) ou sur la présence de dérivés médicamenteux ", indique le WWF et le cancérologue dans un communiqué de juin dernier .

Le panda et le Dr David Servan-Schreiber conseillent donc aux personnes malades du cancer, ou qui sont passées par la maladie, de ne boire quotidiennement de l'eau du robinet que si elles sont sûres de sa qualité. Elles doivent sinon s'équiper d'un filtre de qualité ou boire de l'eau en bouteille.

" Par ailleurs, il est important que chacun agisse, à son niveau, pour améliorer la qualité des eaux des rivières et de nappes phréatiques de notre pays afin que l'eau du robinet soit un jour de très bonne qualité de façon constante et partout en France ", conclut le WWF et le médecin.

2) Non, selon les Académies nationales de médecine, de pharmacie et de l'eau


Les Académies nationales de médecine, de pharmacie et de l'eau ont publié le 2 juillet dernier une mise au point sur les recommandations de consommation de l'eau potable du 23 juin, adressées aux personnes atteintes de cancer, émanant du WWF et du site Guérir.fr dirigé par le cancérologue David Servan-Schreiber.

" Les récentes recommandations de consommation sur l'eau potable adressées aux personnes atteintes de cancer constituent à la fois un déni de la science, un mépris de la médecine et une atteinte au respect des patients ", inscrivent ces académies.

"Elles admettent que des dépassements de normes peuvent avoir lieu mais qu'elles ne sont pas des seuils de dangerosité. Les experts toxicologues du monde entier les ont établies de manière que ces dépassements temporaires soient encore loin des valeurs à risque. De plus, aucune étude ne démontre que l'eau du robinet présente un risque pour les malades atteints de cancer."

" Cette focalisation sur l'eau est d'ailleurs suspecte, tant sont faibles ses apports de substances hypothétiquement nuisibles par rapport à d'autres sources de polluants, qu'il s'agisse de pesticides, de nitrates ou de perturbateurs endocriniens.
Dans ces conditions, préconiser l'eau en bouteille et les carafes munies de filtres exigerait au minimum de garantir l'absence de micropolluants dans les bouteilles et d'être sûr que les carafes en plastique ne sont pas source de relargage de molécules indésirables ", note les académies dans leur mise au point, qui rappelle le risque de contamination par des agents infectieux des eaux embouteillées ou filtrées conservées plusieurs heures. Et donc le risque d'infection chez des personnes immunodéprimées, en particulier celles recevant un traitement anti cancéreux.