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Fukushima : forts taux de radioactivité dans la banlieue de Tokyo

Publié Le 16 Décembre 2011 à 18h03
 
Acro, un laboratoire français indépendant, a publié les résultats d'une étude sur la radioactivité contenue dans des poussières d'aspirateurs de foyers situés jusqu'à 200 km de Fukushima...
DOSSIER SPECIAL

Alors que le gouvernement japonais a décrété l'état d'arrêt à froid des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi signalant qu'une étape importante de stabilisation du site vient d'être franchie, le laboratoire Acro confirme que les émissions radioactives menacent toujours la population.

A la demande de citoyens japonais, le laboratoire français a analysé les poussières d'aspirateur de 13 habitations situées dans un rayon de 200 km autour de la centrale. Les poussières ont été prélevées en octobre. " A l'exception d'Osaka, prise comme référence car située à 600 km de la centrale, toutes ces poussières sont contaminées en césium 137 et 134 suite à la catastrophe de Fukushima " affirme Acro.

L'étude montre que c'est dans le district de Watari de la ville de Fukushima que la contamination est la plus inquiétante avec presque 20 000 becquerels par kilo pour les deux césiums. " Ce district, situé à une cinquantaine de kilomètres de la centrale, est connu pour être particulièrement contaminé et la vente de riz vient d'y être interdite " précise le laboratoire, créée après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986.

Mais bien évidemment la radioactivité ne s'arrête pas aux frontières de la province de Fukushima, et se déplace là où le vent la porte. Ainsi, à 200 km de la centrale, la contamination des poussières dans les foyers atteint presque 6 000 becquerels par kilo. Sont ainsi touchées de manière significative les provinces d'Iwaté et de Chiba, banlieue Nord de Tokyo.

Les urines des enfants contaminées

Concernant l'analyse d'urines d'enfants, Acro commence par une bonne nouvelle, expliquant que contrairement aux premières analyses effectuées au mois de mai, toutes les urines analysées en provenance de Fukushima ne sont plus systématiquement contaminées. 

Mais une fois encore, Tokyo et sa banlieue ne sont pas épargnées. Les urines les plus contaminées ont été relevées à Ichinoseki dans la province d'Iwaté à presque 200 km de la centrale accidentée. " Pour la première fois, nous avons trouvé une contamination des urines d'un enfant de Tokyo. Cela provient très probablement de l'alimentation " affirme le laboratoire. Preuve encore que l'alimentation peut être un grave vecteur de contamination.

Acro recommande la systématisation des tests de radioactivité dans les habitations et la réévaluation de critères d'évacuation : " Les critères d'évacuation fixés par le gouvernement japonais reposent uniquement sur la contamination des sols à l'extérieur et supposent implicitement qu'une fois chez eux, les habitants des zones contaminées ne courent plus aucun risque. Notre étude montre qu'il n'en est rien." Or, dans la logique du processus de décontamination, les autorités vont bientôt prendre une décision sur le retour ou non des habitants de la zone autour de la centrale à rentrer chez eux.

20.000 personnes sont mortes ont ou été portées disparues à la suite du tsunami qui a frappé le nord-est du Japon le 11 mars dernier. Il est urgent de multiplier les initiatives d'informations et les tests de laboratoires indépendants, de manière à ce que ce triste bilan cesse de s'alourdir.

Olivia Montero