Bioaddict



good news

Il n'y aura pas d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Publié Le 17 Janvier 2018 à 17h08
 
" Les conditions ne sont pas réunies pour le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes " : c'est par ces mots que le premier ministre Edouard Philippe a mis un terme à plus de 50 ans de conflit, le 17 janvier 2018, à l'issue du Conseil des ministres. NDDL va redevenir une zone de production agricole.
Le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé le 17 janvier que la projet de construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est abandonné.

 

NDDL, c'est fini. Il n'y aura pas d'aéroport international. Les 1600 hectares réservés à sa construction vont redevenir des terres agricoles. C'est ce qu'a annoncé aujourd'hui le premier ministre Edouard Philippe. Il enterre ainsi un projet qui date de 1967. Ce qui en fait le plus ancien conflit environnemental.

Tombé dans l'oubli à la fin des années 70, ce projet malheureux est redevenu d'actualité dans les années 2000. Il a été validé en 2003 par arrêté ministériel puis soumis à enquête publique en 2006 et 2007. Une déclaration d'utilité publique a même été approuvée en 2008 pour accueillir 9 millions de passagers. En 2010, l'Etat a signé un contrat de construction et de concession (pour 55 ans) de l'aéroport avec Vinci. Les travaux devaient commencer en 2014. L'ouverture était programmée pour 2017.

Une résistance qui a dépassé les frontières

Mais les opposants au projet -agriculteurs, riverains, écologistes, simples citoyens- se sont organisés dès les années 2000 à travers plusieurs structures et ont occupé le terrain pour empêcher la destruction d'une zone dont l'intérêt écologique était désormais reconnu (cinq espèces protégées y ont été dénombrées).

L'Etat a tenté à plusieurs reprises d'évacuer la zone, recourant aux forces de l'ordre, faisant de nombreux blessés. Les médias se sont alors emparés du sujet. La résistance s'est renforcée, des militants sont venus en aide aux occupants de la zone, de toute la France et même d'Europe.

Le conflit a été ponctué de nombreuses étapes judiciaires, de discordes politiques et de consultations populaires mais rien ne semblait pouvoir y mettre un terme. C'est finalement le gouvernement d'Emmanuel Macron qui aura tranché.

Sur le terrain, les militants ont exprimé leur soulagement et leur joie.

Les associations écologistes se réjouissent également de cette bonne nouvelle. " Cette décision courageuse montre que loin de s'entêter dans un projet du passé, le gouvernement change de logiciel ; intègre les enjeux d'aujourd'hui et, via une méthode innovante, sort par le haut de ce dossier complètement enlisé. Il s'agit d'une décision cohérente avec les enjeux et les engagements de la France concernant la protection de la nature, du climat et de l'eau. " a ainsi déclaré Michel Dubromel, président de France Nature Environnement. Le collectif citoyens "Zone A Défendre" a également salué une "décision historique".

En politique, les réactions sont à l'image du long conflit qui s'éteint. Les avis sont divisés, certains approuvent la décision comme Yannick Jadot, José Bové (tous deux eurodéputés), Richard Ferrand et Delphine Batho (tous deux députés), ou la condamnent comme Johanna Rolland (maire de Nantes), Philippe Grosvalet (président du département de la Loire-Atlantique) et Damien Abad (député).

Les zadistes doivent partir avant le printemps

Edouard Philippe a laissé jusqu'au printemps aux zadistes (occupants de la zone à défendre ou zad), installés sur place depuis des années pour certains d'entre eux, pour évacuer " d'eux-mêmes " le terrain. Il a annoncé que NDDL allaient redevenir une terre nourricière. La Confédération paysanne, qui a salué " une grande victoire " citoyenne, demande " un moratoire pour la suite de la gestion des lieux ", afin d'éviter de nouvelles évacuations de force. Enfin, l'aéroport de Nantes-Atlantique, situé à proximité de Nantes, va être réaménagé et modernisé afin d'absorber l'augmentation du trafic aérien.

AF Roger