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interview people

Raphaël Poulain, un dieu du stade "carrément écolo optimiste"

Publié Le 1 Septembre 2011 à 14h02
 
Raphaël Poulain, ancien grand espoir du rugby français, nous livre ses coups de gueule, coups de coeur et bonnes résolutions bio et écolos.
DOSSIER SPECIAL
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 Quand j'étais Superman, splendeurs et misères...
Quand j'étais Superman, splendeurs et misères d'un rugbyman de Raphaël Poulain chez Robert Laffont, sortie septembre 2011
  1. Bioaddict.fr : Bio addict ou bio novice ? le déclic ?
    Raphaël Poulain : Pas du tout écolo il y a quelques années, j'ai découvert le bio et l'"écolo spirit" grâce et à cause de la maladie d'un proche qui a profondément remis en question sa manière de fonctionner et son alimentation après l'annonce de son cancer. J'ai découvert à travers cette personne les méfaits des aliments modifiés. Je me suis donc moi-même remis pas mal en question quand à mon propre mode de consommation. C'est en prenant des claques qu'on apprend et celle-ci m'a permis d'ouvrir les yeux sur ma responsabilité en tant qu'individu dans la destruction de mon environnement et de mon état physique. Donc bio novice qui tend à l'addict.

  2. Ecolo optimiste ou écolo pessimiste ?
    Carrément écolo optimiste. C'est en faisant bouger les mentalités grâce à des sites comme Bioaddict.fr que les gens pourront se rendre compte de leurs responsabilités. C'est en communiquant, en partageant et en offrant des informations aux gens qu'ils seront de plus en plus sensibles à ce qui se passe autour d'eux. Nous sommes tous individuellement responsables de ce qui se passe en nous et autour. A chacun d'ouvrir les mirettes pour voir le verre plein plutôt qu'a moitié vide. Donc à fond optimiste.

  3. Dernier coup de coeur écolo/bio ?
    Chaque jour pendant trois ans j'ai consacré une bonne partie de mon budget (limité car au RSA) à l'alimentation bio. C'est con mais quelques fruits dodus et sains, quelques oeufs pas modifiés, trois biscottes et un bout de poiscaille produits naturellement, ça remplace rapidement des achats compulsifs inutiles. Donc des petits coups de coeur simples et réguliers.

  4. Dernier coup de gueule écolo/bio ?
    Dans mon livre* je fais allusion au manque d'ouverture d'esprit quant à l'existence de médecines parallèles susceptibles d'apporter aux malades un soutien physique et psychologique pour affronter les effets pervers de la chimio et du cancer. Au delà de la maladie, j'y parle aussi d'écologie, des rapports humains, nécessaire dans le monde du sport et plus largement dans la société car elle permet de vivre plus " humainement " le rapport à soi et le rapport aux autres (PNL, Conversation non violente, échanges, importance de l'individu au sein d'un groupe). Je crois que c'est un retour au naturel qu'il est important de conscientiser pour vivre mieux et ne plus avoir l'impression de survivre...

  5. Un produit bio dont vous ne pourriez pas vous passer
    L'humain car il a la faculté de se régénérer malgré tout ce qu'il se met dans la tronche (alimentairement, psychologiquement et psychiquement).

  6. La dernière bonne résolution écolo que vous avez prise
    Faire le tri en moi (croyances militantes, remise en question, attitudes néfastes pour moi et pour par conséquents pour les autres) et faire le tri : cartons, bouteilles etc... C'est nouveau mais je m'y mets.

  7. La prochaine bonne résolution écolo que vous allez prendre
    Me respecter encore un peu plus chaque jour pour respecter un peu plus encore le monde qui m'entoure.

  8. La cause écolo que vous voulez défendre
    Toutes celles susceptibles de faire avancer l'individu, le groupe et le monde vers un avenir meilleur. Ca passe par une prise de conscience de nos responsabilités individuelles et collectives pour les générations à venir. Ras le bol de penser qu'à sa gueule par peur de manquer de quelques chose. A force de courir après trop de remplissage on en oubli l'essentiel : les rapports humains sains. Donc toute cause est bonne pour faire avancer le bordel.

  9. Une personnalité écolo qui vous inspire
    Christina Vieira, la fondatrice de BioAddict.fr, qui a tout plaqué pour se consacrer aux autres par le biais de son site internet. Elle a eu le courage de croire en elle à travers son action et de croire en l'humain et aux bonnes choses de la vie. Elle représente une forme d'hédonisme à l'image de Mr Onfray qui a crée l'université du gout et l'université populaire de Caen. Le but ? Partager des choses simples et accessibles pour apprendre aux curieux de la vie à se faire plaisir en se faisant du bien. Merci à elle, à lui. Et puis il y a aussi Pierre Rabadan, joueur du Stade Francais, qui m'a pas mal ouvert l'esprit sur le tri sélectif. Je tiens à lui rendre hommage pour son oeuvre, son humanité, sa volonté, sa générosité, son soutien et son engagement pour la cause écologique !

  10. Vacances à la ferme ou cabane dans les arbres ?
    Avec ma copine on est plus campagne que ville. Je suis originaire de Picardie et elle de Provence. On ne peut pas envisager de vacances sans calme, verdure et animaux. Je vais souvent à Eyragues près d'Avignon chez mon oncle et ma tante. Une bonne grosse maison dodue avec poulets, dindons, pintades, paons, et oies posée au milieu de rien. On y mange de bons produits du jardin et on y boit du bon vin. Ca, avec un peu de soleil, ça vaut tout l'or du monde. J'y verrais bien une petite cabane perchée dans un platane un de ces jours....

  11. Vélo ou voiture électrique ?
    J'aime les voitures donc voiture électrique,... et un petit coup de vélib de temps en temps ça ne fait pas de mal. Sinon, train, métro, et de temps en temps un petit coup de voiture de sport ...

Une interview réalisée par Alicia Munoz

* Quand j'étais Superman, splendeurs et misères d'un rugbyman de Raphaël Poulain chez Robert Laffont, sortie septembre 2011

Mai 2010. Sur le bord du trottoir, un blond mal rasé de 1,95 m pour 100 kilos, dont le débardeur exhibe la musculature impressionnante, a installé son petit étal pour le vide-grenier de son quartier du XIVe arrondissement de Paris. A vendre ses maillots du Stade Français ou de l'équipe de France, ses survêtements, ses chaussures de marque... Raphaël Poulain, ex-rugbyman depuis deux ans, est au RSA ; quelques mois plus tôt il a failli glisser dans la clochardisation. Printemps 1999 : un "cheval fou" de 19 ans, qui a appris le peu qu'il sait du rugby en Picardie (pas vraiment la région centrale de ce sport...), impose son physique et sa fougue dans les compétitions de jeunes. De son propre aveu, il ne sait ni plaquer ni faire une passe, mais peu importe pour Bernard Laporte, entraîneur du Stade Français et futur entraîneur du XV de France, à qui son physique hors norme plaît. Le voici du jour au lendemain dans le club phare de la capitale, avec un salaire confortable, un studio, un cabriolet, table ouverte dans les bars branchés de Paris. En quelques mois, Raphaël devient un espoir du rugby français, on le surnomme le "Lomu blanc", en référence au célèbre ailier All Black dont le physique effrayait ses adversaires. Il joue, il gagne, il s'amuse... D'étape en étape, il raconte sa carrière sans faux semblants : les émotions partagées du vestiaire et du terrain, les grands moments sportifs, les blessures à répétition et les galères, les potes, les fameuses "troisièmes mi-temps", les entraîneurs qui t'aiment... et ceux qui te saquent. Il raconte avec un humour dévastateur ses (nombreuses) bêtises, et porte un regard tendre mais sans concession sur un monde qui est passé en quelques années du "rugby de village" au sport-business, avec ses sponsors et ses déferlantes médiatiques. Il raconte également comment, dans une étonnante reconversion, on le retrouve sur les planches avec Isabelle Adjani. Aujourd'hui, sans amertume mais sans illusion, il se souvient du petit enfant qui rêvait d'être Superman et se voyait indestructible. Il a payé avec son corps et son coeur pour découvrir qu'il ne l'était pas... Avec son livre il ne se contente pas de se livrer ; il évoque la beauté du sport et sa solitude, son ivresse et ses dangers. C'est un livre qu'on aura envie d'offrir ou de faire lire à tous ceux qui rêvent de devenir Chabal ou Zidane... et à leurs parents.

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