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L'Afssa recommande un "étiquetage systématique" sur les emballages contenant du Bisphénol A


Sommaire
1 - Un produit chimique suspecté de perturber le système hormonal
2 - L'Afssa tente de rassurer... en vain ?
3 - La présence de BPA dans les récipients et ustensiles ménagers
Publié Le 29 Avril 2010 à 12h39
 
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait récemment indiqué qu'elle étudiait "la possibilité de modifier par voie réglementaire la limite autorisée de migration du Bisphénol A dans les aliments". Elle avait également émis le souhait de "diffuser largement certaines recommandations permettant de minimiser l'exposition quotidienne au BPA", comme "éviter le chauffage des contenants en plastique".

Cela tombe bien puisque pour l'Afssa " les consommateurs devraient être informés de la présence de BPA dans les récipients et ustensiles ménagers, via un étiquetage systématique, afin de leur permettre d'éviter de les chauffer excessivement pendant trop longtemps et protéger les plus sensibles ".

Dans le cadre de la réglementation européenne, les limites de migration spécifique du BPA dans les denrées pourraient être donc réévaluées.

Marc Mortureux, directeur général de l'Afssa, insiste sur "la nécessité d'une mobilisation de l'industrie pour mettre au point des substituts du BPA pour les usages alimentaires".

Mais de son côté l'association nationale des industries alimentaires (Ania) considère comme "rassurants pour le consommateur" les résultats publiés sur la concentration en Bisphénol A dans les aliments. Elle s'étonne même de la possibilité d'un relèvement des seuils et d'un signalement du BPA sur les emballages.

Le Réseau Environnement Santé juge cette recommandation d'étiquetage sur la présence de BPA comme " hypocrite ", "d'autant plus que, depuis 1999 au moins, les industriels ont trouvé des produits de substitution au revêtement intérieur des boîtes de conserve et des canettes à base de BPA de type polyépoxy ".

Le RES demande que l'Afssa intervienne clairement auprès de l'agence européenne (AESA) pour que l'avis de celle-ci attendu en mai soit conforme aux bonnes pratiques en matière de fixation des normes et qu'une norme soit fixée à 1ng/kg/jour (1 nanogramme par kilo et par jour).

En attendant, l'association de consommateur "UFC Que Choisir" teste pour son numéro de mai, 46 produits contenant du Bispéhnol A (biberons, conserves, canettes et bonbones). Affaire à suivre donc...

Emilie Villeneuve