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L'Autolib' roulera dès cet automne à Paris !

Publié Le 6 Septembre 2011 à 16h30
 
Suite au formidable succès du Vélib', un service de location de voitures électriques en libre-service à Paris, sera mis en route dans quelques semaines. Ce dispositif va-t-il révolutionner la politique des déplacements à Paris ?

Le service d'Autolib' va enfin donner la possibilité aux Franciliens de circuler en voiture de location 100 % électrique. Près de 3.000 véhicules et 1.000 stations de rechargement (dont 700 pour Paris) seront mis à disposition des utilisateurs dès le 1er décembre 2011. Le service fonctionnera 24 h sur 24 et 7 jours sur 7.

Chaque station de surface pourra accueillir jusqu'à cinq véhicules, les stations souterraines jusqu'à dix. Au total 2.250 places de parking seront réservées à Autolib', pour environ 3.000 voitures.

L'objectif de cette initiative (une première mondiale !) est la mise en place d'un réseau de voitures électriques propres associant Paris et la métropole ainsi que la réduction du nombre de véhicules individuels en circulation. La Mairie de Paris espère que les 42% de ménages parisiens possédant une voiture particulière la délaisse progressivement, au profit de ce dispositif.

 

  • La voiture

 

La Blue Car du groupe Bolloré est une belle citadine quatre places équipée d'une batterie Lithium Métal polymère et d'un ordinateur de bord incluant un GPS. D'une capacité de 30 kWh, elle permet de parcourir environ 250 km et se recharge en huit heures. Sa vitesse de pointe est de 130 km/h.

 

  • Le service

 

Sur le modèle du Vélib', Autolib' est un dispositif de location de voitures en libre service où l'utilisateur peut déposer son véhicule dans une station différente de celle de départ.
Pour louer sont Autolib', la personne devra au préalable s'inscrire dans l'un des 75 "Espaces Autolib'" en fournissant permis de conduire et pièce d'identité, et un dépôt de garantie (non encaissé) de 150 euros ou 200 euros selon la formule choisie. Trois formules d'abonnements seront proposées : un an (12€ par mois, puis 5 euros la première demi-heure d'utilisation, 4 euros la deuxième, 6 euros les autres), 7 jours (15 euros, puis 7 euros la première demi-heure, puis 6 euros et 8 euros), 24 heures (10 euros, puis 7 euros la première demi-heure, puis 6 euros et 8 euros).

La réservation du véhicule peut se faire par Internet, téléphone ou directement en station. L'utilisateur peut réserver un véhicule (pour une durée minimale de 20 minutes) ou une place, le coût de réservation étant compris dans l'abonnement.

Une fois à destination, le conducteur n'a plus qu'à se garer sur la place préalablement réservée ou toute place Autolib' libre (repérable au code lumineux de la place), de brancher le véhicule et clore la location à la borne.

 

  • Quel public potentiel pour Autolib'?

 

A Paris, 58% des habitants ne sont pas motorisés, soit 2,5% de plus qu'il y a dix ans. D'après une étude de l'APUR (Atelier parisien d'urbanisme), une voiture passe 95% de son temps en stationnement et 16% des Parisiens s'en servent moins d'une fois par mois. "26% des Parisiens pensent se séparer de leur voiture en raison de son coût, des problèmes de stationnement et de son faible usage" estime l'APUR. Le premier effet dissuasif ? Les dépenses générées par l'achat d'un véhicule, son entretien et d'éventuels accidents.

Selon une enquête réalisée par Ifop en décembre 2009 pour le Journal du Dimanche, 61% des 598 Parisiens interrogés se déclarent intéressés par Autolib'. 5% des sondés ont l'intention de louer une voiture en libre-service plusieurs fois par semaine, 13% quelques fois par mois, 28% quelques fois par an, et 15% une à deux fois par an. 39% ne sont pas intéressés. 49% des personnes interrogées l'utiliseraient pendant la journée le week-end, et 40% en soirée durant la semaine.

 

  • Les critiques

 

Les Verts de Paris sont pour leur part fermement opposés au projet, considérant que l'utilisation de véhicules électriques dans un pays comme la France, où 75% de l'électricité est produite par le nucléaire, est une réponse insatisfaisante à la limitation des émissions de CO2. De plus, ils craignent que l'Autolib' ne génère davantage de déplacements inutiles et qu'elle injecte davantage de véhicules dans le trafic. Sans compter les débats liés aux terres rares qui entrent dans la composition de la batterie et du moteur des voitures électriques.

Les loueurs de voitures et les taxis, voient dans ce dispositif "une concurrence déloyale." Ils estiment que la redevance que doit payer le groupe Bolloré est "dérisoire".

Enfin, cette initiative ne sera pas sans conséquences pour la voierie puisque les 500 stations Autolib' devraient occuper, en surface, environ 12,5 kilomètres dans la capitale. Cette perte de stationnement n'est pas plus mal, diront certains, car elle dissuaderont peut-être l'automobiliste parisien de prendre sa voiture... polluante.

Célia Garcin