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L'EFSA se soucie-t-elle davantage des lobbies que de notre santé ?

Publié Le 31 Janvier 2012 à 09h35
 
Un groupe de travail de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) visant à permettre la mise sur le marché de substances chimiques toxiques, a été mis sur pied en 2008 sans aucune évaluation en interne par l'EFSA. Résultat : un nouveau conflit d'intérêt au sein de l'agence a été mis sous les feux de la rampe.

La branche européenne de l'organisation non gouvernementale Pesticide Action Network (PAN) a publié, le 23 janvier dernier, des emails compromettant l'intégrité de l'EFSA. En effet, ces courriels internes suggèrent qu'un important groupe de travail visant à permettre la mise sur le marché de substances chimiques, était en fait intégralement constitué d'une unique toxicologue, membre du comité scientifique de l'EFSA, mais surtout, étroitement liée à l'industrie.

D'après un communiqué de Générations futures, il s'agirait d' une consultante anglaise du secteur privé de l'industrie et proche de longue date de l'industrie chimique finançant un groupe de pression nommé ILSI (International Life Sciences Institute).

Comme le rappelle Générations futures, " l'EFSA bafoue ici ses propres règles qui disent que la procédure de sélection des experts doit être transparente et être appliquée de manière cohérente ". Dans le présent cas, l'association estime que " le processus de sélection des membres du groupe de travail TTC n'a été ni transparente ni conforme à la procédure des autres groupes scientifique de l'EFSA qui se caractérise par plusieurs étapes et l'implication du Conseil de gestion ainsi que des évaluateurs externes. " Si ces accusations se révèlent justifiées, l'EFSA se rend coupable ici de conflit de d'intérêt.

Un écart de plus pour l'EFSA

Cette affaire vient s'ajouter à une longue liste des critiques récurrentes sur l'indépendance de l'agence basée à Parme, en Italie. Ainsi, on lui a reproché de fixer les fameuses " doses journalières admissibles " de manière aléatoire pour l'aspartame, mais aussi de soutenir clairement des substances décriées de longue date comme le Bisphénol A mais encore, la pomme de terre OGM Amflora, développée par BASF.

Si les faits sont avérés, il s'agit-là d'accusations très graves à l'encontre de cette agence, censée garder son indépendance en toute circonstance et protéger la santé des ressortissants européens.

" Comment avoir la certitude que l'ensemble des citoyens européens seront protégés des risques sanitaires liés à l'exposition aux multiples substances chimiques présents dans l'alimentation, si les évaluateurs sont cela même qui profitent de la mise sur le marché de ces toxiques présents dans nos assiettes ?(...) Nous conseillons donc fermement à l'EFSA de mettre un terme à la mission du groupe de travail TTC et de retirer toutes les personnes liées à l'industrie ou à l'ILSI de ses comités d'experts, il en va de la confiance des européens pour leurs agences d'évaluation sensées les protéger mais aussi de la crédibilité même de ces agences " a déclaré François Veillerette, porte parole de Générations Futures.

Célia Garcin