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L'explorateur-médecin Jean-Louis Etienne ausculte le pôle Nord en ballon


Sommaire
1 - L'aventure polaire en ballon de Jean-Louis Etienne
2 - La banquise : zone d'intérêt commun pour l'humanité
3 - Qui est Jean-Louis Etienne ?
Publié Le 6 Avril 2010 à 16h52
 
A bord du Generali Arctic Observer, l'explorateur Jean-Louis Etienne a décollé à 6h10 hier matin de Longyearbyen, au Spitzberg, pour la première traversée du pôle Nord en ballon pour un périple de 3 500 kilomètres jusqu'en Alaska. Cette aventure aérienne représente le troisième volet de sa trilogie de l'Arctique réalisée d'abord à pied, puis en bateau et enfin dans les airs pour témoigner de la dégradation de la Terre.
Quelques minutes après son décollage de Longyearbyen, dans l'archipel norvégien du Spitzberg, le médecin-explorateur français Jean-Louis Etienne partageait son bonheur par radio VHF : " Je n'ai pas eu une petite, mais une énorme émotion au départ. C'était quelque chose d'extraordinaire. C'est un moment d'une grande intensité. Et ça devient petit à petit d'une beauté magnifique. C'est le grand calme maintenant. Je monte progressivement au-dessus de Longyearbyen. C'est absolument magique. Je commence à deviner les montagnes. Il y a un paysage devant moi fait de montagnes et d'eau. C'est d'un calme absolu, c'est magnifique, c'est comme cela que je l'avais imaginé. "

Avant de franchir les montagnes du Spitzberg, Jean-Louis Etienne déploiera les sondes qui permettront durant tout son voyage de réaliser différentes mesures scientifiques du CO2, du champ magnétique, des particules en suspension et de l'ozone troposphérique. Cette première traversée du pôle Nord en ballon et en solo devrait durer entre sept et dix jours.

Témoigner de la dégradation de la Terre

Cette traversée du pôle Nord en ballon, qui n'a encore jamais été réalisée, sera le dernier acte de la trilogie de ses expéditions en solitaire à cet endroit de la planète.

" Par cette aventure audacieuse, digne des romans de Jules Verne, je souhaite attirer l'attention du monde sur la régression de la banquise et ses conséquences sur la vie des peuples autochtones, la biodiversité arctique et le chaos climatique à l'échelle planétaire qu'engendrerait sa disparition. La banquise est le meilleur indice de performance des mesures que l'humanité doit engager contre le réchauffement climatique ", déclare Jean-Louis Etienne sur son site.

C'est donc à bord d'une rozière, un ballon mixte hélium / air chaud, du même type que le Breitling Orbiter autour du monde de Bertrand Piccard et Brian Jones, dont la nacelle non pressurisée est spécialement construite pour cette traversée polaire, que l'aventurier effectuera des prélèvements.

Il mesura en continue le CO2 atmosphérique pour le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (CEA-CNRS) et le champ magnétique terrestre pour l'Institut de Physique du Globe de Paris (LETI-CEA).

Mesurer le CO2 atmosphérique dans une zone vierge de toute émission

Pour la première fois,des mesures instantanées de la teneur en gaz carbonique de l'atmosphère, au-dessus de l'océan Glacial Arctique, vont pouvoir être mesurées.

Le fait que l'expédition se fasse en ballon, un mode de transport écologique, et la période de vol prévue, devraient permettre de recueillir des données fiables sur les quantités de CO2 d'origine exogène sur l'Arctique .

Au printemps, la végétation environnant les latitudes polaires n'a pas encore repoussée. Le gaz carbonique issu de la photosynthèse sur place est ainsi quasiment inexistant. Les mesures de CO2 de Jean-Louis Etienne permettront donc d'identifier de manière rigoureuse quels sont les apports en gaz carbonique que subit l'atmosphère aux alentours du pôle Nord.

Suivez sur le site jeanlouisetienne.com (rubrique Generali Arctic Observer) en temps réel la mission grâce au journal de bord rédigé par l'explorateur et aux données transmises à l'équipe-sol.