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La biodiversité décline en Ile-de-France

Publié Le 4 Janvier 2012 à 11h50
 
Dans un milieu aussi urbanisé et peuplé que la région Ile-de-France, ce constat peut sembler évident. Mais en présentant un état des lieux de la biodiversité francilienne, Natureparif montre qu'il est nécessaire de favoriser les espaces verts non traités pour accueillir la biodiversité en ville.

L'agence régionale pour la nature et la biodiversité a concentré ses recherches sur la capacité de reconquête du vivant dans des conditions qui lui sont hostiles, capacité connue sous le nom de résilience. Cinq grands groupes d'espèces ont été étudiés : les oiseaux, les papillons, les chauves-souris, les escargots et les végétaux.

A l'échelle nationale, Naturparif relève une hausse des espèces d'oiseaux, de papillons et de chauve-souris entre 2001 et 2010. Mais la tendance s'inverse en Ile-de-France. "Alors que les effectifs de l'ensemble des espèces observées en France augmentent de 12% au niveau national en moyenne, ceux-ci baissent de 5% en Ile-de-France'', déplore ainsi Naturparif. Que ce soit en milieu urbain, dans les champs ou en forêt, la région devient de moins en moins accueillante pour la faune et la flore. Seules les espèces dites "du bâti", ont vu leurs effectifs croître sur la même période, étant plus adaptées à ce milieu.

Pour l'agence les causes du déclin général de la biodiversité sont évidentes : perte d'habitats naturels (notamment les zones humides), pratique de la monoculture et réchauffement climatique. L'éclairage urbain, les traitements pesticides, herbicides et fongicides dans les jardins publics et particuliers sont également des facteurs de disparition des espèces.

Favoriser des espaces verts sans pesticides

En revanche, les espaces verts, même en plein centre des villes franciliennes, restent des "espaces de nature". Certaines méthodes douces de jardinage "peuvent très fortement favoriser la vie sauvage, voire même contrebalancer l'effet de l'urbanisation" affirme l'agence.

Ainsi, elle encourage l'abandon des traitements chimiques dans les jardins, la délimitation de zones non cultivées dans les champs, mais aussi les jardins privés, et la plantation de plus d'espèces de plantes nectarifères, qui attirent les pollinisateurs.

L'étude de Naturparif ''démontre donc que la biodiversité francilienne n'échappe pas à l'érosion observée au niveau national et met en lumière l'importance de changer notre rapport à la biodiversité et nos pratiques : plus de laisser faire, pour favoriser la résilience et encourager le développement du vivant !''. Les collectivités territoriales d'Ile-de-France doivent agir pour inverser la tendance, en favorisant des méthodes de jardinage alternatives.

Alicia Muñoz