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La DJA de l'aspartame sera réévaluée en septembre 2011

La demande des scientifiques et des médecins du Réseau Environnement Santé (RES) concernant la diminution des doses d'aspartame autorisées dans les produits alimentaires a enfin été prise en compte par l'Union européenne qui a décidé de réévaluer la dose journalière recommandée dès le mois de septembre.

Le 6 juillet dernier, le Réseau Environnement Santé (RES) a reçu une réponse de la Commission Européenne (Direction générale de la santé et des consommateurs-DG SANCO) suite à sa demande d'annulation de l'actuelle dose journalière admissible (DJA) de l'aspartame, en raison de la non publication et de la qualité douteuse des études ayant servi à fixer cette DJA.

Verdict : initialement prévue en 2020, puis plus récemment en juillet 2012, la réévaluation complète des risques et de la DJA de l'aspartame pourrait finalement être réalisée dès septembre prochain.

Selon Laurent Chevallier, responsable de la commission Alimentation du RES, et André Cicolella, porte-parole du RES, "l'annonce dans ce courrier de la réévaluation complète en septembre 2011 par la Commission est une très bonne nouvelle qui conforte nos interrogations sur l'absence de base scientifique de l'actuelle DJA".

Dans un communiqué, le RES précise : "Dans ce courrier, la DG SANCO nous informe par ailleurs que " la Commission a transmis une copie des dossiers qui sont en sa possession et qui ont été recueillis auprès des archives historiques de la Commission à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ainsi qu'à Madame Lepage, Madame Liotard et à Monsieur Chountis, Membres du Parlement européen. (...) La Commission confirme également que les études originales, comprenant les données brutes ont été transmises à l'EFSA par l'industrie, suite à un appel public pour recueillir des données scientifiques. Cela confirme que ces études n'ont jamais été publiées dans un journal scientifique et donc validées par le jugement des pairs selon les règles de déontologie scientifique habituelle. Elles ne peuvent donc pas être prises en considération pour fixer une DJA."

Dans ce même communiqué, le RES demande à l'EFSA de clarifier la question des conflits d'intérêt au sein de son "comité additifs". Le dernier rapport du Corporate Europe Observatory (CEO) montre en effet que 11 membres sur 20 sont en situation de conflits d'intérêt au sens de l'OCDE, dont plus particulièrement le président John Larsen, le rapporteur Gerrit Speijers et les membres, Jürgen König et Iona Pratt, qui tous avaient omis de déclarer leurs liens d'intérêt avec l'ILSI, organisme de lobbying de l'industrie agroalimentaire.

Ainsi, actuellement de 40 milligrammes par kilo de poids corporel par jour - soit l'équivalent d'une trentaine de canettes de boisson light -, la DJA de l'aspartame pourrait être fortement réduite dans les prochains mois. "Ses effets sur la santé interviennent dès 20 microgrammes par kilo et par jour selon les études les plus récentes", expliquait fin juin lors du lancement d'une alerte sur l'aspartame Alain Cicolella, président et porte-parole du Réseau Environnement et santé.

Les études auxquelles il fait référence montrent notamment que la consommation de ce "faux sucre" serait responsable de cancers (lymphomes, leucémies, cancers du cerveau) et de naissances prématurées. "La consommation d'une boisson light par jour par une femme enceinte augmenterait de 27% le risque de naissance prématurée quand boire quatre boissons light par jour augmenterait ce risque de 60%!".

Pour plus d'informations, consultez le site reseau-environnement-sante.fr

Stella Giani

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