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La fonte des glaces arctiques pourrait modifier le climat européen

Publié Le 6 Février 2012 à 16h41
 
La fonte des glaces en Arctique, qui engendre une masse d'eau douce, pourrait conduire à un ralentissement du Gulf Stream, ce courant chaud qui offre à l'Europe un climat bien plus doux que dans d'autres régions du monde.

Une étude britannique récemment publiée dans la revue scientifique Nature Geoscience montre que grâce aux données accumulées par deux satellites européens, Envisat et ERS-2, des chercheurs de l'University College de Londres et du Centre national d'océanographie de Southampton ont débusqué, sous la banquise, dans l'ouest de l'océan Arctique, une gigantesque et grandissante masse d'eau douce. Une sorte de piscine qui serait principalement alimentée par les cours d'eau, mais aussi par la fonte des glaces résultant du réchauffement climatique.

Celle-ci aurait gagné, en une petite quinzaine d'années, 15 centimètres et pas moins de 8 000 kilomètres cubes, soit environ 10 % de l'eau douce totale contenue dans l'océan Arctique. D'après l'équipe de chercheurs dirigée par Katharine Giles, cette étendue d'eau douce serait stockée là, sous forme de dôme, par l'action conjuguée des vents et des courants marins. Les puissants vents arctiques accéléreraient le gyre de Beaufort, un vaste système de courants océaniques qui tourbillonne dans le sens des aiguilles d'une montre, mais demeure, à ce jour, assez mal connu.

Le risque est qu'un changement du régime des vents puisse à terme affecter ce processus d'accumulation de l'eau. Schématiquement, le sens actuel du tourbillon aboutit à concentrer l'eau en son centre. Mais, s'il s'inversait, il la repousserait... de sorte que l'immense masse d'eau se répandrait jusque dans l'Atlantique nord. La conséquence serait alors un notable ralentissement du Gulf Stream, ce courant chaud qui offre à l'Europe, à latitudes égales, un climat bien plus doux que dans d'autres régions du monde.

En outre, les scientifiques redoutent que la fonte de la banquise n'aboutisse à amplifier l'influence des vents dominants sur le gyre océanique. Dans cette hypothèse, la glace aurait jusqu'ici joué un rôle d'écran entre l'air et l'eau. Une piste à laquelle l'équipe de Katharine Giles entend désormais se consacrer.

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