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La France et le Brésil adoptent une " bible climatique " : vers une organisation mondiale de l'Environnement ?

Publié Le 16 Novembre 2009 à 17h32
 
La France et le Brésil s'unissent en vue du Sommet de Copenhague. Les deux pays ont présenté samedi un texte commun, qualifié de " bible climatique " par le chef de l'État brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Celle-ci affiche les grandes lignes de l'accord qu'ils souhaitent à Copenhague, sans chiffrer pour autant les détails qui fâchent les deux plus gros pollueurs de la planète, les États-Unis et la Chine.

A quelques semaines de la conférence de Copenhague, la France et le Brésil entendent bien engager un bras de fer contre les pays qui ne s'engageraient pas entièrement dans un accord solide sur le climat. Les deux pays se sont d'ailleurs accordés sur la création d'une Organisation mondiale de l'environnement, qui pourra être mise en place dès 2012.

Cibles : les Etats-Unis et la Chine

Le président français Nicolas Sarkozy et son homologue brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, veulent " vendre " au reste du monde leur texte commun afin d'atteindre l'objectif d'une réduction des émissions des gaz à effet de serre de 50 % d'ici à 2050 par rapport à 1990, au niveau mondial.

Ces déclarations sont surtout destinées au président américain Barack Obama et à son homologue chinois Hu Jintao qui se rencontrent à Pékin dès demain. Les deux dirigeants traînent en effet des pieds et ne semblent pas décider à prendre d'engagements .

L'accord de Copenhague serait " irréaliste " pour l'Apec et Barack Obama

Barack Obama a précisé, lors de la réunion qui s'est tenu ce week-end à Singapour avec les dirigeants de l'Apec (Forum de coopération Asie-Pacifique), qu'il pense qu'aucun accord décisif n'aura lieu à Copenhague en décembre prochain. Il favorise plutôt l'accord en deux étapes présenté par le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen.

On peut qualifier cette initiative en deux temps d' " originale et énigmatique " de la part de celui-ci puisque le Danemark accueille aujourd'hui et demain, une quarantaine de ministres de l'Environnement pour préparer le sommet de Copenhague afin que celui-ci soit concluant dés le mois de décembre.

Alors pourquoi un accord en deux temps ? Pour permettre au Sénat américain d'adopter le projet de loi d'Obama sur le climat tandis que l'administration américaine pourrait, de son côté, présenter un objectif pour 2020 et des promesses de financement à la table des négociations à Bonn.

Rappelons que les Etats-Unis n'ont pas encore adopté de loi fédérale qui fixe des limites à ses émissions de gaz à effet de serre et que nombreux sont les pays qui attendent l'engagement de Washington pour adopter à leur tour des mesures pour le climat.

Rallier un maximum de pays à la " bible climatique "

La France et le Brésil sont bien décidés à multiplier les contacts pour essayer de rallier le plus de partenaires possible autour de leur texte commun. Le président français Nicolas Sarkozy sera le 26 novembre à Manaus au Brésil, où se réuniront dix pays amazoniens pour décider d'une position commune en vue de Copenhague.

Il se rendra ensuite au sommet des pays du Commonwealth, les 27 et 28 novembre 2009 à Trinidad et Tobago, auquel participeront la Grande-Bretagne, l'Inde, le Canada ou l'Australie.

Le gouvernement brésilien devait annoncer vendredi prochain ses propositions pour Copenhague en renouvelant son voeu de réduire de 80 % le déboisement de l'Amazonie d'ici à 2020.

Un chiffre important car le Brésil est le 4ème émetteur mondial de gaz à effet de serre. La déforestation de l'Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde, en est la principale cause.