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La NASA alerte sur le dégel record du Groenland au mois de juillet

Publié Le 30 Juillet 2012 à 19h16
 
D'après l'Agence spatiale américaine (NASA), la surface gelée du Groenland a fondu en juillet sur une étendue jamais atteinte en plus de trente ans d'observation satellitaire .
Groenland : A gauche les surfaces gelées qui connaissent une fonte estivale annuelle (en rouge) et à droite les surfaces gelées qui ont connu une fonte en juillet 2012

Selon les données de trois satellites analysées par la NASA et des scientifiques universitaires, environ 97 % de la calotte glacière avait dégelé (en surface) à la mi-juillet contre 50 % habituellement. Les experts précisent avoir remarqué la disparition de la majorité de la glace du Groenland au 12 juillet en analysant les données d'un premier satellite. Les résultats des deux autres satellites ont confirmé cette découverte. Les cartes satellitaires de la fonte montrent que la surface de calotte glaciaire ayant connu une fonte était de 40 % au 8 juillet et à 97 % quatre jours plus tard.

Ces résultats ont été connus quelques jours après qu'un immense bloc de glace de deux fois la superficie de Paris ou Manhattan s'est détaché d'un glacier du Groenland. Cet événement, combiné à d'autres phénomènes naturels mais rares, comme le monumental décrochage la semaine dernière sur le Glacier Petermann, font partie d'un ensemble complexe.

Le Groenland peut être comparé à une immense calotte glaciaire (Inlandsis) dont la superficie est de trois fois la France. Cette glace atteint 3000 mètres d'épaisseur au milieu, et glisse lentement vers la mer, comme nos glaciers alpins descendant vers les vallées. 95 % de la surface du Groenland est recouverte de glace, le reste étant la bordure littorale rocheuse ou herbeuse.

Tous les étés, sous l'action du soleil, la surface de glace et de neige dégèle (à l'image des neiges de haute montagne en été) sur 40 à 50% de la superficie du Groenland ( il s'agit donc d'une surface, et non pas du volume de glace).

Cette été, une anomalie chaude de +2°C persiste sur le Groenland depuis le mois de mai, ce qui a accéléré le dégel de surface ainsi que la fonte de la banquise(glaces flottantes sur la mer environnante). C'est ainsi que 97% de la surface du Groenland connait, à priori, un dégel de surface actuel, au lieu des 50% habituels.

De tels étés chauds, accélérant le dégel de surface, se produisent par cycles, le dernier optimum datant des années 1880 à priori. Par conséquent, la calotte glaciaire du Groenland n'est pas menacée par ce dégel de surface, d'autant plus que l'eau de fonte regèlera très rapidement dès la mi-septembre, au moment où les jours diminuent à ces hautes latitudes.

Cette phase de réchauffement pourrait devenir préoccupante si elle était amenée à se poursuivre durablement : sur plusieurs décennies et siècles, la fonte provoquerai inévitablement une perte de volume de la calotte glaciaire, avec un apport d'eau douce important dans l'océan et la formation d'icebergs plus nombreux (car les glaciers continueraient à se morceller). Mais l'inertie du Groenland est telle que ce scénario n'est pas envisageable à ce jour. Quant à l'Antarctique, dont la calotte glaciaire est 10 fois plus vaste, il ne craint rien, avec même un épaississement de la masse de glace en raison de chutes de neige plus abondantes sur sa surface.

Les chercheurs doivent maintenant déterminer si cet événement, qui coïncide avec une forte pression inhabituelle d'air chaud au dessus du Groenland, va contribuer à une hausse du niveau des océans. La NASA a précisé que même le point le plus haut de la calotte glaciaire, situé à plus de 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer, montrait des signes de dégel.

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