Politique

La transition mondiale vers une économie verte s'accélère

Sommaire de cet article :

  1. La Chine pousse pour une croissance verte comme jamais auparavant
  2. Les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont explosé
  3. L'économie verte est génératrice d'emplois et d'équité sociale

Les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont explosé

Du côté des entreprises, le PNUE a fait équipe avec 285 investisseurs importants du monde entier (valant 20 milliards de dollars en actifs), pour appeler les gouvernements à agir contre le changement climatique, notamment en investissant dans les industries émergentes, à savoir: les énergies renouvelables, ou encore les bâtiments verts. Des appels similaires ont été relayés par la Chambre de commerce internationale qui représente des centaines de milliers d'entreprises dans plus de 130 pays.

"Nous assistons à des innovations et à des initiatives avant-gardiste provenant de pays qui s'engagent à mener la transition vers une économie verte. Il y a certainement un facteur 'd'immitation' créé par ceux qui prennent les devants, cela influencera le rythme des changements dans les mois à venir ", a déclaré Achim Steiner, le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE.

L'emballement récent dans les investissements écologiques bénéficie non seulement aux économies émergentes, mais aussi aux autres pays en voie de développement. Selon les dernières statistiques (publiées par Bloomberg), les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont bondi de 32% en 2010, atteignant montant record de 211 milliards de dollars (USD). Suivant l'exemple des économies émergentes brésilienne, chinoise et indienne, les pays africains sont maintenant ceux qui affichent l'augmentations la plus importante de tous les pays en voie de développement.

En Egypte, l'investissement dans le secteur des énergies renouvelables a augmenté de 800 millions de dollars à 1,3 milliards de dollars (USD), en raison du projet d'énergie solaire thermique de Kom Ombo, et grâce à la construction d'une ferme éolienne de 220 MégaWatt sur la côte du golfe du Zayt. Au Kenya, l'investissement est littéralement passé de 0 dollars en 2009, à 1,3 milliards de dollars (USD) en 2010. Cet envol extraordinaire concerne les technologies comme l'énergie éolienne et géothermique, ainsi que des petites centrales hydroélectriques et les biocarburants.

"Pour que les pays atteignent une efficacité économique réelle, les biens et services qu'ils produisent doivent être évalués de manière à refléter leurs coûts réels, en incluant également les coûts externes à la société", a déclaré Mr. Steiner."Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à faire des affaires comme si de rien n'était. Le Rapport sur l'économie verte nous prouve qu'il y a des gains énormes à réaliser en prenant des mesures dès maintenant."

Une série de consultations régionales sur l'économie verte, organisées par l'ONU, a souligné l'intérêt croissant que le rapport suscite. Si les questions financières et commerciales sous-tendant le concept d'économie verte doivent encore être approfondies, il est désormais unanimement reconnu que notre modèle économique actuel (basé sur la seule croissance du PIB) a entraîné une mauvaise répartition du capital brut et une distribution inéquitable des richesses.

Le rapport démontre qu'il suffit d'investir 2% du PIB mondial dans les secteurs de l'agriculture, de l'énergie, de la construction, de la distribution de l'eau, la foresterie, de la pêche, de la manufacture, de la gestion les déchets, du tourisme et du transport, pour réorienter l'économie mondiale sur une trajectoire de croissance plus durable. L'économie engendrerait plus de bénéfices à long terme, sur le maintien de la croissance économique, qu'un scénario "business-as-usual".

Les recommandations concernant les politiques à développer dans les 10 secteurs clés ci-dessus, ainsi que sur les modes de financement et les conditions d'habilitation, sont décrites en détails dans le rapport.

En matière de transport, par exemple, le rapport propose que les prix prennent en compte les coûts sociaux engendrés par les embouteillages, les accidents et la pollution qui, dans certains cas, s'élèvent à plus de 10% du PIB national ou régional. Une étude parue en 2009 a conclu que les coûts sociaux cumulés engendrés par les transports motorisés affecteraient de 7,5 à 15% du PIB de la ville de Pékin.

Globalement, l'impact de l'industrie du transport sur les ressources naturelles est vaste: il va de la fabrication des véhicules, en passant par les métaux et les plastiques utilisés, sans oublier la consommation de combustibles fossiles (ce qui implique l'utilisation d'huile moteur, de caoutchouc et d'autres matériaux naturels). De 2007 à 2030, le secteur des transports devrait, à lui seul, représenter 97% de l'augmentation mondiale de l'utilisation de pétrole.

En Chine, le nombre de véhicules motorisés devrait, au minimum, tripler au cours de cette période (allant de 2007 à 2030). Pour faire face à cette hausse, le gouvernement fait la promotion des véhicules propres et économes en énergie, tout en développant les infrastructures connexes. Dans la ville de Shengzhen, berceau de la première voiture électrique chinoise, on a déjà planifié la construction de stations de recharge des batteries et les bus traditionnels devraient être remplacés par 7.000 bus électriques dans les cinq prochaines années.