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Le bilan de la qualité de l'air en France n'est pas bon

Publié Le 8 Août 2012 à 10h23
 
Le Ministère de l'Écologie a rendu public le rapport annuel sur le bilan de la qualité de l'air 2011. Et le bilan n'est pas bon... Il révèle notamment que près de 12 millions de Français ont vécu en 2011 dans des zones où la pollution aux particules fines, émises notamment par nos voitures, excède les normes européennes.

"Les températures froides du premier trimestre 2011 associées à des conditions anticycloniques relativement stables, ont favorisé les émissions dues au chauffage et à la non dispersion des particules, conduisant à un nombre élevé de dépassements des valeurs limites réglementaires en début d'année. On estime que près de 12 millions de Français ont vécu en 2011 dans des zones n'ayant pas respecté les valeurs limites annuelles relatives aux particules PM10" a en effet indiqué le ministère dans un communiqué publié le vendredi 3 août.

Pour l'ozone, un seul événement de pollution photochimique d'ampleur nationale a été relevé vers la fin du mois de juin marqué par un bref épisode de fortes chaleurs. Mais sur le long terme, malgré la baisse des émissions des précurseurs de l'ozone (oxydes d'azote, composés organiques volatils, monoxyde de carbone), les niveaux de fond restent en 2011 supérieurs à ceux constatés au début des années 90.

Le rapport précise encore que "plus de 10 % des stations de mesure, principalement en situation de proximité automobile, ont dépassé les valeurs limites réglementaires de dioxyde d'azote dans l'air en 2011."

La santé des Français est en jeu

Le dioxyde d'azote est particulièrement nocif pour la santé humaine. C'est un gaz irritant pour les bronches. Chez les asthmatiques, il augmente la fréquence et la gravité des crises. Chez l'enfant, il peut favoriser certaines infections pulmonaires.

En mars 2011, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a rendu public le résultat d'une étude sur les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique en Europe et dont les conclusions sont que:

  • diminuer davantage les niveaux de particules fines dans l'air des villes européennes entraînerait un bénéfice non négligeable en termes d'augmentation de l'espérance de vie et de réduction des coûts pour la santé ;
  • habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique.
L'étude montre notamment que la perte d'espérance de vie associée à un niveau de concentrations de particules fines supérieur au seuil de l'OMS (fixé à 10μg/m3) pour les personnes âgées de plus de 30 ans et plus est estimée à 5,8 mois à Paris, 7,5 mois à Marseille, 5 mois à Bordeaux.

Il faut savoir que la France compte aujourd'hui :

  • environ 3,5 millions d'asthmatiques,
  • 50 000 personnes atteintes d'une insuffisance respiratoire grave
  • 10 à 14%des jeunes de 20 à 24ans ayant déjà fait au moins une crise d'asthme dans leur vie.
  • L'allergie respiratoire touche quant à elle près de 30 % de la population.

Des conséquences sur la faune et la flore

Les impacts de la pollution atmosphérique sur des éléments sensibles de l'environnement tels que les écosystèmes ou les matériaux ne sont pas non plus à négliger. La pollution de l'air peut diminuer la croissance des végétaux et altérer les écosystèmes aquatiques. Les composés de l'azote dans l'air contribuent également à l'eutrophisation des écosystèmes et les dépôts de certains polluants (métaux lourds par exemple) pouvant conduire à une contamination de la chaîne alimentaire. L'ozone a également un impact notable sur la baisse des rendements des cultures.

Face à ce mauvais bilan de la qualité de l'air en France, la ministre de l'Ecologie Delphine Batho, a souhaité que la lutte contre la pollution de l'air soit inscrite à l'ordre du jour de la Conférence Environnementale qui aura lieu début septembre, et dans la table ronde "Prévenir les risques sanitaires environnementaux". Le ministère a également annoncé que "les mesures structurelles nécessaires à l'amélioration de la qualité de l'air feront également l'objet le 20 septembre prochain d'une réunion de travail avec les collectivités volontaires engagées dans l'élaboration de Zones d'Actions Prioritaires pour l'Air (ZAPA)."

Stella Giani