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Le climat méditerranéen devrait bientôt s'étendre jusqu'à... Orléans !

Publié Le 20 Mars 2012 à 12h36
 
En 30 ans, le climat méditerranéen est remonté de 70 à 100 km vers le nord et l'ouest. Résultat : Toulouse, Millau et Montélimar doivent désormais être considérées comme "méditerranéennes" d'un point de vue climatique. Selon les scientifiques, le phénomène devrait bientôt s'étendre jusqu'à Orléans.
La ville d'Orléans

Ce constat spectaculaire est issu d'une étude récente sur l'évolution des températures et précipitations dans le sud de la France. Réalisée par une équipe de l'INRA sous la direction de François Lelièvre, dans le cadre du projet CLIMFOUREL (Climat‐Fourrages‐Elevage) elle visait à comprendre et améliorer l'adaptation des systèmes fourragers du Sud de la France aux variations et aux changements climatiques.

Les villes de Montélimar, Toulouse et Millau font désormais ainsi partie de la zone méditerranéenne. Lyon, Mende, Valence, Colombier, Albi, Agen et Gourdon ont également changé de catégorie climatique.

Voici ce que les statistiques climatiques font ressortir :

  • Des températures en hausse : de +1,5°C en moyenne (+0,5°C en moyenne par décennie) et +2,4°C pour les mois de mai, juin, juillet et août (+0.8°C par décennie). De mai à août, il fait aujourd'hui plus chaud à Lyon qu'à Avignon ou Montpellier il y a 30 ans.
  • Une augmentation du pouvoir évaporant du climat (humidité, température de l'air, rayonnement solaire et vent) de +20 à +25%.
  • Tendance des pluies à la baisse : le cumul des pluies de janvier à août a diminué de -50 à - 60 -10%).

Les variations interannuelles très fortes ont pu masquer l'évolution pourtant très rapide depuis 30 ans.

Le climat méditerranéen, avec des sécheresses fortes, pourrait arriver jusqu'à Orléans, provoquant un choc formidable sur la végétation naturelle comme sur l'agriculture et les ressources en eau. Un tel changement est beaucoup trop rapide pour les capacités d'adaptation des espèces végétales.

L'évolution des températures est beaucoup plus marquée - quatre fois plus rapide - pour les mois de mai, juin, juillet et août que pour les mois d'hiver, d'où une très forte augmentation de l'évapotranspiration, un facteur important pour la production agricole. Du coup, l'aridité est de plus en plus prononcée et se traduit par des épisodes de sécheresse qui mettent en cause les récoltes (céréales, fourrages), provoquent des incendies. Cette fin d'hiver voit d'ailleurs une sécheresse exceptionnelle dans le sud de la France, en Espagne et au Portugal, responsable d'incendies de forêts, comme en Ardèche récemment.

Cette évolution spectaculaire s'observe alors que nous ne sommes qu'au tout début du changement climatique provoquée par nos émissions massives de gaz à effet de serre comme le montrent les projections climatiques réalisées pour le prochain rapport du GIEC - le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.