biodiversité

Le frelon tueur d'abeilles envahit progressivement la France

Exterminateur d'abeilles, le frelon asiatique venu tout droit de Chine, inquiète de plus en plus les apiculteurs. Déjà présent dans le Sud-Ouest de la France, il serait arrivé en Bourgogne.

Pour capturer sa proie, le frelon asiatique (Vespa Velurina) se positionne en vol stationnaire à l'entrée d'une ruche. Sa taille imposante (3 ou 4 fois celle d'une abeille commune) et ses pattes longilignes lui permettent de saisir une abeille en plein vol et de l'emporter avec lui. Il n'en gardera que le thorax, qui, sous forme de boulette, nourrira les larves de sa colonie.

Ce redoutable prédateur est présent dans 39 départements de France et devrait bientôt s'étendre à toute l'Europe. Probablement arrivé de Chine vers le Lot-et-Garonne en 2004, via une cargaison de poteries, le frelon asiatique a colonisé en sept ans tout le quart Sud-Ouest de la France. Et contrairement à son cousin européen, le frelon asiatique se nourrit d'abeilles adultes et de larves.

Cet été, de nouvelles régions ont découvert la présence du tueur d'abeilles, notamment la Bourgogne et la Bretagne. Dans les zones déjà envahies, les attaques contre les ruches sont incessantes et les apiculteurs ne peuvent qu'avouer leur impuissance face à ce raz-de-marée. Le conseil général de Charente maritime vient d'ailleurs de débloquer 60 000 euros pour aider à la destruction des nids de frelons asiatiques. Une initiative qui semble indispensable pour venir en aide aux apiculteurs, déjà durement touchés par une surmortalité inexpliquée des abeilles (voir syndrome d'effondrement des colonies).

D'après un communiqué publié en juin par le Muséum d'Histoire Naturelle, les régions où le frelon asiatique pourrait le plus facilement s'acclimater sont celles où il est le plus présent aujourd'hui : la côte Atlantique et le nord de la Méditerranée.

S'il est très agressif envers ses proies, le frelon asiatique s'attaque rarement à l'homme. Le problème vient davantage de sa prolifération que de son agressivité, comparable à celle des guêpes ou frelons européens que l'on croise le plus souvent en France.

Toutefois, cette espèce n'hésitant pas à installer ses nids au coeur de certaines communes du Sud de la France, les incidents pourraient bien se multiplier dans les années à venir.

Alicia Muñoz