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Le perchloréthylène dans nos pressing : un solvant toxique et polluant

 
En 1995, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classait le " perchlo " de cancérogène " probable " dans le groupe 2A .

L'Union européenne le qualifie quand à elle comme " nuisible à la santé " et " dangereux pour l'environnement ", soit cancérogène de catégorie 3, car les preuves sont insuffisantes pour qu'il soit substitué. Elle a néanmoins engagé une politique de réduction du risque et des émissions de perchloréthylène à travers la directive 1999/13/CE relative à la réduction des émissions de composés organiques volatils dues à l'utilisation de solvants organiques dans certaines activités et installations.

Le perchloréthylène peut être à l'origine de pathologie reconnues comme maladie professionnelle, notamment selon le tableau n°12 du régime générale de la sécurité sociale .

Toxicologie

Le " perchlo " est facilement absorbé par voies respiratoires où l'absorption est rapide, par voie orale et par la peau, sous forme liquide. Le passage au niveau sanguin se fait facilement.
C'est une substance lipophile : il se distribue préférentiellement dans les graisses et le lait.
Il a été détecté dans le foie, les reins, le cerveau et les poumons suite à un décès d'un travailleur qui avait inhalé de fortes concentrations de ce composé
Le tétrachloréthylène est principalement éliminé dans l'air expiré, sans subir de métabolisation, quelle que soit la voie d'administration.

Toxicité aiguë

Ce solvant est faiblement toxique quelle que soit la voie d'exposition. Inhalé, les intoxications aiguës impliquent une dépression du système nerveux central de type anesthésique. A des concentrations élevées, le " perchlo " peut engendrer des troubles du rythme cardiaque, des voies respiratoires, voire un coma s'accompagnant parfois d'un oedème pulmonaire. Des cas d'hépatite ont été notés ainsi que des atteintes rénales. Des cas de décès ont été rapportés.
A moindres doses, on peut observer des céphalées, des sensations vertigineuses, des nausées, des troubles de la coordination motrice.
Suite à une ingestion du solvant peuvent apparaitre des troubles digestifs tels des vomissements et des diarrhées. On peut aussi parler d'effets sur le foie et les reins. Un contact prolongé peut entrainer des brûlures cutanées et des lésions oculaires graves.
De plus, certaines études (INRS, ED 6025) montrent une augmentation des troubles de la reproduction, dont des avortements spontanés pour des expositions élevées .

Toxicité chronique

En cas d'exposition chronique, il y a risque de dermatose et d'irritation oculaire. Certaines études ont souligné des affections respiratoires, de l'estomac et du duodénum (partie initiale de l'intestin grêle). Le tétrachloréthylène peut à long terme être à l'origine de troubles psychiques, des défauts de concentrations, des troubles de mémoire et des troubles de l'humeur.