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Les fruits et légumes bio, 70% plus chers ?!


Sommaire
1 - Les fruits et légumes bio, 70% plus chers ?!
2 - Une étude à pondérer
3 - Des consommateurs déconnectés des coûts réels
Publié Le 3 Septembre 2010 à 13h24
 

L'Interfel, l'Interprofession des fruits et légumes frais, a ainsi contesté dans un communiqué datant du 25 août les résultats de cette enquête. En effet, selon eux, la méthode utilisée par l'association n'est pas fiable : l'enquête aurait en effet été menée sur une trop courte période et sur une partie trop réduite du territoire français.

" Interfel, qui regroupe toute la filière du producteur au distributeur, avance un prix moyen de 2,31 euros le kilo pour des fruits bio, contre 1,99 euro le kilo pour une production standard, soit un écart de 16%. Pour les légumes, le différentiel est plus élevé (23%) avec un prix moyen du kilo bio de 2,35 euros contre 1,91 euro pour le non bio, toujours selon Interfel. Ces écarts sont bien inférieurs à ceux annoncés mardi par "Familles rurales" dans son observatoire annuel qui avait fait état d'un écart moyen de 68% entre les fruits bio et non bio. Pour les légumes, l'ordre de grandeur était du même ordre (69%) ".

Biocoop, le premier réseau français de magasins bio, a également pondéré les résultats de cette enquête en revenant sur les surcoûts liés à la production biologique.

" Face à un tel sujet, Biocoop souligne l'importance pour les consommateurs d'avoir une meilleure connaissance des enjeux de l'agriculture biologique et plus particulièrement de la réalité du marché des fruits & légumes afin de comprendre une telle étude ".

Pour eux, la période de comparaison des prix est trop courte et n'est donc pas suffisamment significative.

" Le marché des fruits & légumes est en fluctuation quotidienne. La saisonnalité des produits, les volumes de production et les conditions climatiques sont des paramètres qui influent sur les prix et ce, tous les jours " explique Marc Heber, Directeur secteur fruits & légumes de Biocoop.

La météo est en effet un élément déterminant dans la production de fruits et légumes bio. Pourtant, l'étude ne prend pas en compte les conditions météorologiques de 2010, des conditions qui ont été très difficiles pour l'agriculture biologique (gelées et froid tardifs, pluie insuffisante).

" En production biologique, les légumes et les fruits sont en plein champ ou dans des abris dépourvus de moyens de forçage. Ils sont bien plus soumis aux aléas climatiques que les productions conventionnelles, souvent sous serres chauffées et hors sol. Les fluctuations de la consommation et le jeu de l'offre et de la demande s'opèrent en défaveur des producteurs " reprend Marc Heber, avant de préciser " qu' une enquête portée sur une saison complète, pendant 2 ou 3 ans, eût été alors plus pertinente. Elle aurait probablement révélée une différence de coût plus insignifiante ".