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Les fruits et légumes bio, 70% plus chers ?!


Sommaire
1 - Les fruits et légumes bio, 70% plus chers ?!
2 - Une étude à pondérer
3 - Des consommateurs déconnectés des coûts réels
Publié Le 3 Septembre 2010 à 11h24
 

La vraie valeur du bio

Suite à cette affaire, les professionnels de la bio ont justement souhaité rappeler la vrai valeur du bio aux consommateurs car " la consommation de produits bio est avant tout une consommation responsable qui prend en considération des facteurs environnementaux et humains ".

L'agriculture biologique exige en effet beaucoup de main d'oeuvre et un savoir faire précis qui méritent, comme toutes compétences, d'être rémunérés à leur juste valeur. Les producteurs doivent pouvoir vivre décemment de leurs productions.

Vendre et consommer sont en effet des actes responsables qu'un prix devrait illustrer au mieux. Plus particulièrement lorsqu'il s'agit de produits qui impliquent le travail de femmes et d'hommes qui vivent d'une production aléatoire.

Un consommateur dupé

" Avec leurs pratiques de prix bas, les grands distributeurs font croire aux consommateurs qu'il est possible de payer fruits & légumes en dessous de leur prix de revient, sans qu'il n'y ait aucune conséquence. Les consommateurs sont alors déconnectés du prix réel ", rappel Biocoop.

Les prix des produits bio sont plus élevés ? Faut-il rappeler les coûts cachés qu'engendre l'agriculture conventionnelle : nappes phréatiques polluées, abeilles en voie d'extinction, pesticides inhalés par les producteurs et dispersés dans l'environnement, des OGM dans les aliments...Face à ces conséquences, des mesures sont prises et mises en place que les producteurs mais surtout les consommateurs payent indirectement par leurs impôts.... et la facture sur l'environnement et la santé est lourde !

Alors, quelles mesures concrètes pour vraiment faire baisser les prix de la bio ?

" La production biologique est encore insuffisante en France pour répondre à la demande des consommateurs. Il faut donc développer l'agriculture biologique pour que les prix baissent sans pour autant léser les producteurs.

Le Grenelle de l'Environnement a fixé un objectif de 6% de la SAU (surface agricole utile) exploités en agriculture biologique pour 2010. A moins de 5 mois de l'année 2011, seuls 2,5% de la SAU lui sont dédiés ", précise Biocoop dans son communiqué.

Il faut soutenir la conversion pour développer l'agriculture biologique

" Pour un agriculteur, être en conversion (passer de la pratique d'une production conventionnelle à celle d'une production biologique) est un pari sur l'avenir : il investit et s'investit tandis que sa production ne pourra être vendue comme production biologique (il faut attendre 3 ans). Pour lever ce frein et inciter à la conversion, des aides et des subventions conséquentes doivent être débloquées par l'Etat et les organismes concernés ", estime encore Biocoop.

" Avec Horizon 2012, le Ministère de l'alimentation, de la pêche et de l'agriculture a estimé, pour 2010, à 29 M d'euros, une enveloppe destinées aux aides à la conversion et au maintien à l'agriculture biologique. Or, il faudrait moins soutenir l'agriculture intensive polluante et génératrice de coût environnemental pour la société (pollution des nappes phréatiques, d'appauvrissement sociétal désertification rurale), insécurisant pour le consommateur (résidus de pesticide) au profit de l'agriculture biologique qui apporte une réponse concrète à ces trois problèmes. " explique Vincent Lestani, Directeur de la CABSO (Coopérative des Agriculteurs Biologistes du Sud Ouest).

La consommation de produits bio entraine ainsi des enjeux d'équité, de solidarité et environnementaux qui ont une valeur. C'est à nous, consommateurs, de s'en rendre compte et décider ainsi ce qui nous semble juste .

H de M